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samedi 6 avril 2013

Une journée de cueillette : l'après-midi

Après avoir travaillé une bonne matinée et fais une pause pour leur déjeuner, nous voici repartis sur une autre partie du domaine pour le ramassage de l'après-midi, jusqu'à 15 h 30. Il y a une plage de quinze minutes supplémentaires pour celles qui veulent encore ramasser un peu plus pour atteindre leur quota ou faire un ou deux kilos de plus.
et c'est reparti pour une rangée !


les corbeilles en osier sont vidées dans des sacs aérés pour
éviter que les feuilles chauffent. Le sac pèse ici une bonne
dizaine de kilos.
les sacs sont mis à l'ombre des théiers en attendant la fin
de la journée (sans oublier l'inévitable parapluie !)
A 15 h 30 la majorité des cueilleuses s'arrêtent et vident leur corbeille dans leur sac
elles s'aident toutes pour mettre leur sac sur la tête, en règle générale cet après-midi
ils font entre 10 et 15 kg
quelques une restent encore et cueillent à toute vitesse les petites feuilles

les femmes partent à la station de pesage située près de l'école primaire

la queue pour le pesage des sacs
le peseur entre le numéro d'enregistrement de la personne
la machine affiche le nom et enregistre le poids du sac
les sacs personnels sont ensuite vidés dans de plus grands sacs
les feuilles sont rapidement entassées et bourrées dans les grands sacs
puis les sacs sont chargés dans un camion à claire-voie pour partir
tout de suite à l'usine
La suite : l'usine et le traitement des feuilles au prochain numéro !

mercredi 3 avril 2013

Assam, le bout du monde indien

Ca y est, j'y suis, dans les plantations de thé assamaises ! A plus de 2000 km à l'est de Delhi, plus de trois heures d'avion ou 26 heures de train, j'ai atterri à Dibrugarh. La carte ne donne pas la position de l'Assam dans l'état indien mais ça va donner l'occasion de ressortir ce bon vieil atlas...
la carte touristique de l'Assam, complètement à l'Est de l'Inde
j'ai fait des XXX pour indiquer le lieu où je me trouve
La première saison du riz est terminée ici, la moisson est faite et les troupeaux de vaches paissent tranquillement dans les anciennes rizières. On attend la pluie pour planter de nouveau et faire la deuxième récolte de l'année. Les plaines de thé sont immenses, pas une seule colline ici, tout est plat et le vert tendre des jeunes pousses de thé luisent sous le ciel couvert. Il fait bon, dix degrés de moins qu'à Delhi, on respire bien à 25°, le temps est gris et peut-être va-t-il pleuvoir bientôt ! En fait il pleut tous les jours, par petits instants. La meilleure saison pour le tourisme ici est jusqu'à fin mars, après c'est la pluie jusqu'en octobre.

le salon-véranda entouré par le jardin
Je suis dans une belle maison, un bungalow comme avaient les Anglais au début du XXe siècle, meublé d'époque. Le maitre de maison, le fils de mon amie indienne, s'occupe de cette plantation de thé depuis bientôt quatre ans et dirige environ quatre cents personnes qui travaillent dans cette propriété de 200 hectares. Il a fallu apprendre le langage de l'état, l'assamais, car ici l'hindi n'est pas considéré comme langue nationale prioritaire (seulement 2e langue à l'école), et quelques mots des langages tribaux, qui ne parlent pas forcément assamais et qui sont parfois installés ici depuis presque un siècle. Apprendre aussi tout sur le thé, le ramassage, la qualité. Ici on ne fabrique que du thé noir, plutôt fort.

Il a des avantages en nature comme l'eau, l'électricité, le gaz pour la cuisine, le bungalow entièrement meublé d'époque, sept personnes à son service, gardien, cuisinier, jardinier, chauffeur, blanchisseur, homme à tout faire... l'essence pour mettre dans sa voiture et l'organisation de son travail comme il l'entend. Une vie au naturel, il mange les légumes de son jardin, profite de soirées entre planteurs au club du coin, n'a pas le stress ni de la ville ni des horaires. Une vie saine, sans pollution, mais quasiment sans salaire aussi, bien occupée, c'est un choix de vie à faire ! Mais depuis qu'il a ce poste sa plantation a reçu chaque année le meilleur label de qualité.... Ce qui signifie quand même beaucoup de travail !
le jardinier tond la pelouse... au sabre !
Les cueilleuses et cueilleurs gagnent un salaire de base de 90 roupies (environ un euro trente) par jour à condition de ramasser 24 kg de thé, puis ils sont payés une demi-roupie supplémentaire par kilo jusqu'au 27 ou 28e kilo en fonction de la qualité du thé  puis ensuite une roupie par kilo supplémentaire. Lorsqu'ils veulent faire de "grosses" journées, ils arrivent à ramasser cent kilos de feuilles de thé dans la journée ! Mais dans cette plantation les horaires de travail sont de 7 h 30 à 15 h 30 avec une heure pour le repas. Si ce sont des cueilleurs "permanents" ils ont droit au logement gratuit avec eau et électricité, à l'école et au dispensaire gratuitement.
Même quand il pleut ils travaillent sous la pluie avec un grand parapluie et un grand tablier qui les protège car ils sont obligés de travailler dans les buissons de thé. Les feuilles sont cueillies exactement une fois par semaine, en fonction des lieux, là c'est le mercredi, ici le jeudi. On ne déroge pas à cette règle car ici on recherche l'excellence et la qualité pour l'exportation uniquement. Le travail se fait sept jours sur sept. Il y a un jour de congé par semaine et on embauche alors des journaliers.

Tout sur le thé, les plantations, la culture, les soins à donner, ce sera dans un prochain article !
les plantations sont en plaine, le décor change par rapport aux collines du Kérala !

samedi 28 janvier 2012

La fabrication du thé


La transformation des feuilles de thé comporte cinq étapes pour l'obtention du thé noir, et trois pour celle du thé vert.
La première opération (withering - le flétrissage) est un procédé primordial dans la transformation traditionnelle du thé noir. Grâce à lui la feuille va perdre cinquante pour cent de son humidité et se ramollira en développant des réactions chimiques.
la récolte de la journée est disposée sur les bancs de flétrissage.
- Pour cette étape la feuille verte est disposée en une couche uniforme sur les bancs de flétrissage. On souffle de l'air au travers pendant une journée grâce à des ventilateurs multidirectionnels.
- Ce thé est ensuite envoyé par des tuyaux vers une salle du niveau inférieur pour l'étape du roulage qui doit permettre de commencer la fermentation : la feuille va être écrasée et la sève en sort formant un léger film à la surface. Au contact de l'air la fermentation, indispensable à la production du thé noir, se produit. La feuille flétrie est chargée sur un rouleau où elle va être soumise à une double action :elle est tordue et écrasée.
- Puis intervient le brisage au rouleau : ce procédé empêche les feuilles de se compacter grâce à des mouvements vibratoires. Elles passent au travers d'un tamis avant d'être récupérées pour le roulage suivant. Ces deux opérations alternent pendant une demi-journée.
- La fermentation débute tout de suite après que les feuilles flétries soient chargées pour le premier roulage. L'écrasement de la feuille se combine à l'oxygène de l'air pour amorcer l'oxydation grâce à des enzymes présents dans la feuille verte. Cette oxydation tannique amène une accumulation de pigments responsables de la couleur du thé infusé. Les feuilles roulées perdent leur couleur verte pour acquérir une teinte cuivrée. Cette fermentation se fait en étalant les feuilles en une couche régulière de 5 centimètres d'épaisseur sur un sol propre, dépourvu de bactéries, dans une pièce fraiche, à l'abri du soleil et très aérée, pour obtenir un maximum d'oxygène.
- séchage : il intervient pour arrêter la fermentation pour le thé noir et conserver les caractéristiques du produit. Pendant le séchage le thé noir apparait. Cette opération se fait dans le séchoir où de nombreux plateaux sont montés sur une chaine mobile qui les transporte lentement le long d'une pièce remplie d'air chaud (produit par une chaudière à bois). On contrôle précisément la température de 90°C et la durée du séchage pour assurer la qualité du thé produit.
- Enfin l'extraction des fibres permet d'enlever les fibres qui ont pu rester dans les feuilles de thé en fin de transformation. On utilise une extractrice formée de plusieurs rouleaux recouverts de PVC sur lesquels passe le thé. C'est l'électricité statique combinée à des forces centrifuges et à la friction de l'air qui permet la séparation des fibres et des feuilles de thé.

- Le thé obtenu est répertorié selon sa qualité :
- Flowery Orange Pekoe FOP
- Broken Orange Pekoe BOP
- Broken Orange Pekoe Fannings BOPF
- Dust (utilisé pour les sachets de thé).
Un grand merci à Brigitte Castagnier pour sa traduction des tableaux explicatifs pour la fabrication du thé. Brigitte était au Kerala dans un autre voyage, au même moment...