mercredi 1 février 2012

Cochin

Petit tour de visite à Kochi ou Cochin, avec quelques milliers d'autres touristes descendus d'un immense bateau de croisière P&0 venu d'Angleterre et qui fait le tour du monde...
Demain  nous partons pour Trivandrum encore plus au Sud, long trajet avec notre minibus...
Sur le port, l'image du paquebot à travers les filets des carrelets dits "chinois" à Cochin

mardi 31 janvier 2012

La fête du temple à Cochin

Shiva et Parvati à l'honneur avec de beaux éléphants patients et une fanfare tonitruante et tonique, avec un rythme d'enfer pendant des heures... nous sommes partis au bout d'une heure et demie, les oreilles bourdonnantes, les éléphants toujours impeccables avec leur cornac entre les pattes pour leur glisser des tiges de bambou pour leur faire passer le temps. Quelques images de cette cérémonie très typique du Kerala.


les éléphants patientent en grignotant des branches de bambou
à certains moments de la musique, les brahmanes sont debout sur les éléphants
en agitant leur plumeau, les autres leur sorte d'éventail pendant que les 3e tiennent
fort les ombrelles, tout ça pieds nus sur l'éléphant bien sûr

Eloge de la paresse

NDLR (note de la rédactrice) : la fréquentation permanente de ce Ganesh Groupe m’oblige à avertir les lecteurs de ce blog (d’une tenue habituellement sérieuse, irréprochable et documentée) qu’un petit vent collectif de délire indien mélangé à de la bière fraîche modifie (très) légèrement la qualité des écrits. A chacun d’exercer son jugement quant à la véracité de certains faits ou impressions.

Départ à 6 h 30 pour aller visiter le sanctuaire des oiseaux,Water Scapes à Kumaracom.

l'ambiance moite et humide du parc des oiseaux
 Après une marche harassante dans la forêt tropicale, coupant à la machette la liane furieuse et l’herbe vagabonde, évitant les crocodiles de justesse, chacun sort son zoom pour attraper le drongo (non, pas le dragon) longue queue, l’oriol doré, le héron petit patapon, et aussi le héron de nuit qui dort au sommet de son arbre, tout gris, et sa femelle blanche, le tripaï jaune et brun, le grand kokal (enfin ce sont les noms que nous avons compris) noir, assez dodu avec un dos rouge.
on les a vus !
Grimpés sur une tour de guet située tout au bout de notre chemin de souffrance, évitant les moustiques en zig-zag, nous observons de nombreux hérons en train de construire leur nid et d’apporter des branches, des coucous qui ne font pas « coucou » comme chez nous mais qui sont aussi paresseux que les nôtres pour vampiriser les nids des autres, des martins-pêcheurs, des piverts.
Après la mangrove notre super hôtel de rêve au bord du lac
 Retour la chemise trempée par l’humidité tropicale, à travers la mangrove, nous retrouvons notre hôtel pour un petit déjeuner d’enfer, ananas local, (il y en a des montagnes autour), pastèque, buffet avec toutes les spécialités du Kerala (les idlis, les puris légères (friture à déguster accompagnée de sauce aux légumes) et plein d’autres pour touristes occidentaux (c’est plein d’Allemands) dont le « french toast », (pain perdu), des beignets de purée de pomme de terre, des omelettes diverses, des gâteaux et les classiques toasts avec beurre, confiture, miel. Tout ça pour dire que ce sont de vrais repas, délicieux, avec des boissons comme milk-shake à la fraise, jus de raisin ou de papaye.
C’était bien sûr pour vous faire envie. Nous sommes partis ensuite pour un circuit de 21 heures sur un luxueux bateau (house-boat le Guru) avec Ganesh et la Vierge pour nous protéger des cyclones, des pirates et des prochaines moussons (à partir de juillet).
les house-boats toutes catégories qui attendent les touristes !
 Navigation paisible, les doigts de pied en éventail dans de profonds fauteuils, méridienne, coussins, avec comme seul souci : à quelle heure mange-t-on et quand aura-t-on de la bière ? Car ce 30 janvier c’est le jour anniversaire de la mort de Gandhi et c’est « jour sec » , Gandhi étant le digne et universel représentant de la non-violence et de l’abstinence. Impossible de trouver de l’alcool (pour l’instant).
Petit arrêt sur les berges pour s’acheter un petit supplément en gambas de luxe, à faire cuisiner sur notre bateau, mais toujours pas de bière.
les boutiques le long des canaux, mais toujours pas de bière..
et 3 kg de gambas fraîchement péchées pour le repas du soir.
Grande promenade dans les back-waters (160 km d’eau douce en longueur, avec canaux de navigation bordés de palmiers, de cocotiers, de maisons, d’écoles, d’églises), pour découvrir la vie quotidienne des gens qui habitent au bord des canaux,
même le transport du fourrage pour les bêtes se fait par les canaux.
 les transports scolaires assurés par bateau, les gens qui vont faire leurs courses en barque, rythmée par les beignets de banane pour le goûter, puis un dîner avec nos gambas grillées à point, du poulet aux épices locales, du riz, des lentilles blondes délicieuses pour la sauce et… de la bière, trouvée par le 2e équipage (nous avons à disposition deux bateaux avec trois chambres dans chaque). De l’autre côté du canal les rizières qui s’étendent presque à perte de vue.
la télé allumée toute la journée
 Au coucher du soleil attaque en règle des moustiques enrayée par les pschitt-pschitt (publicité interdite) d’Annick, lourdeur des paupières et de la chaleur qui tombe comme la noix de coco sur la tête du malchanceux assis sous l’arbre. Tout le monde va se coucher après être quasiment resté allongé toute la journée. Chants des grillons, paix du soir sur l’eau, silence (enfin pas de klaxons !), mais quand même les turbines du bateau pour nous assurer la climatisation dans nos cabines… Et Hubert qui rêve de faire son footing demain matin à 6 h le long du canal.
promenade de la veille sur le lac près de l'hôtel au coucher du soleil
Chacun semble reconnaître que cette journée de « rois fainéants » ou d’ère coloniale revisitée a permis de savourer sans culpabilité l’ananas local et le bonheur de ne rien faire en étant servi comme des pachas.
Elle est pas belle, la vie ? comme dirait quelqu’un que je connais bien.

samedi 28 janvier 2012

Munnar, station de montagne et de thé


Aujourd’hui visite très touristique de Munnar, petite ville de montagne populaire et appréciée en été, située au beau milieu des collines de thé des Monts Nilgiris.
et ça Annick qu'est-ce que c'est ? juste un chou d'ornement
(mais c'est pour le plaisir de la photo aussi)
et ça ?

Le gingembre blanc
Premier arrêt dans une jardinerie, (Floriculture Centre, Kerala Forest Departement, Mattupatty road, Munnar) rien d’extraordinaire, mais de belles fleurs dans un lieu très bien entretenu où j’ai découvert la plante du gingembre blanc et autres fleurs et les connaissances pointues de notre « jardinière » préférée, à savoir Annick ont pu résister aux « colles » posées par tous les « urbains » dont je suis et qui demandent « et ça ? qu’est-ce que c’est ? »


Puis petit tour autour des barrages de la région car qui dit barrage dit lac et souvent paysage agréable, certains ont même dit qu’on pourrait se croire dans les Alpes et même en Savoie. Ah ! nostalgie ! quand tu nous tiens !
Alors on se croit où ?
Puis nous amorçons les kilomètres de virages tournant autour des collines de thé pour découvrir des paysages magnifiques.
Les domaines de thé sont tous soigneusement répertoriés.
Les théiers sont des arbres qui peuvent atteindre trois ou quatre mètres de haut mais qui sont taillés à hauteur d’hommes –et souvent de femmes- pour la taille des feuilles.
les belles ondulations des collines de thé
Les buissons sont taillés environ tous les dix jours pour récolter les nouvelles feuilles. Elles seront apportées à la fabrique, mise à sécher sur des bancs avec une soufflerie par-dessous pour éliminer l’humidité pendant 24 heures, puis coupées, séchées, brûlées pour donner cette poudre de thé pour la qualité la plus basique. Nous avons pu en apprécier toutes les phases lors de notre visite du musée du thé cette fin d’après-midi. C’est l’entreprise Tata, bien connue des Indiens pour les camions et les trains, qui possèdent également une bonne partie des plantations de thé et qui joue aujourd’hui pour les Indiens le rôle de Michelin pour Clermont-Ferrand aux siècles derniers : école, hôpital, soins quotidiens, boutiques, etc.
Dans les petits creux des plaines, de beaux jardins potagers où poussent tous les légumes qu’on va retrouver ensuite tellement bien rangés au marché aux légumes. Mais on se demande aussi qui mange tous ces légumes ? tellement il y a de marchandises en quantité.
Et comme dans Astérix, chaque journée se termine par un joyeux banquet… et notre hôtel particulièrement luxueux cette fois, a un restaurant d’excellente qualité où il n’est pas besoin de perdre sa patience pour expliquer qu’on aime la cuisine pas trop épicée…

jeudi 26 janvier 2012

Fête nationale

26 janvier 1950 : La première Constitution de l'Inde ! Et aujourd'hui c'est en Inde comme notre 14 juillet ! tout est fermé et la population scotchée devant la télévision à partir de 9 h 25 pour la retransmission du défilé fastueux qui va avoir lieu à Delhi. Nous allons donc faire comme tout le monde, prendre notre petit déjeuner un peu tardif devant la télé (que j'ai l'habitude de couper autoritairement quand j'entre dans le restaurant sinon on ne peut plus discuter !) et partir plus tard pour admirer le déploiement de l'armée, les enfants des écoles, les danses, les fastes de la république indienne !
Puis nous traversons... vers le Kerala et partons à Periyar, parc national, verdure, tranquillité (on espère) et pas d'internet. Donc vous voilà avertis !

mercredi 25 janvier 2012

Sri Meenakshi Temple, une pure merveille

ma photo coup de coeur : la chance d'avoir à ce moment cette femme seule en sari jaune...
 L'origine de ce temple à Madurai date de 1600 avant JC. Les écritures racontent qu'il y avait dans la forêt un lingam (une pierre semi cylindrique qui ressemble à un phallus) qui est le symbole du dieu Shiva et qui avait été installé là par le dieu Indra qui était venu sur terre pour se laver de ses péchés. Oui, les dieux hindous étaient loin d'être parfaits et étaient semblables aux humains. Et progressivement, une petite tour fut construite autour de ce lingam puis une petite ville puis une plus grosse.
Le temple de Meenakshi fut construit pour une bonne part entre le 13e et le 19e siècle ! Construit en bois au tout début, les briques et le mortier prirent la place ensuite. Mais on parlait déjà de ce temple au 7e siècle du temps des Pallava.
Il y a bien sûr de nombreuses légendes concernant cette déesse Meenakshi (qui se trouve être également la déesse Parvati, l'énergie féminine de Shiva). La femme du roi Kanchanamala priait ardemment Parvati de lui donner un enfant. Ce qui explique à l'entrée du temple un arbre à voeux où se balancent de petits berceaux de bois avec une petite poupée, que viennent accrocher les femmes qui désirent un enfant.
les petits berceaux accrochés partout dans l'arbre dans la cour d'entrée.
Un jour au cours d'un rituel avec un feu, une petite fille de trois ans sortit du feu et alla sur les genoux du roi. La reine était ravie, mais le roi un peu moins, c'était une fille, et en plus avec trois seins ! Mais une voix céleste lui dit de l'élever comme si elle était son fils et que son sein supplémentaire disparaitrait à la vue de son futur mari. Le roi l'éleva donc, il en fit son successeur et elle partit gagner des batailles jusqu'au jour où elle rencontra dans une bataille le seigneur Shiva et son 3e sein disparut. Shiva était son mari ! Ils se marièrent à Madurai en grandes pompes. Ils eurent deux garçons, Murugan, qui s'appelle aussi d'une demi-douzaine d'autres noms, et ... Ganesh bien sûr !
Le gopuram Nord (tour d'entrée à un point cardinal) du temple de Madurai

Nous sommes entrés par la tour Nord, pas la plus importante ! superbe, avec de nombreux étages de déités colorées, et puis après ce fut l'éblouissement !
Dès l'entrée on est subjugué par l'ambiance et les couleurs
Un vrai labyrinthe, avec un immense sanctuaire au centre mais interdit aux non-hindous, et des peintures sur les plafonds, des sculptures magnifiques, des salles sur les côtés, un bassin d'ablution en réfection mais qui promet d'être très bien aménagé, une salle "des mille piliers" qui nous a laissé sans voix tellement c'était beau, et puis l'ambiance, beaucoup de piété, de très nombreux pèlerins, des petites bougies partout, l'odeur caractéristique du ghee (beurre clarifié), des boutiques , tout un quartier à l'intérieur même du temple, avec tellement d'images "pieuses", de "quincaillerie" variée, d'encens, de poudre de vermillon et de curcuma, de petits bijoux sans valeur, de fleurs coupées tressées en guirlandes lourdes et odorantes (à ne pas humer avant d'offrir car tout doit aller d'abord aux dieux) qu'on a du mal à s'imaginer que tout cela fait aussi partie du temple.
Tout ce qui brille n'est pas or, mais sert pour les pujas à la maison pour le petit autel familial
Une fleur, une bougie devant sa divinité préférée
ou la foule devant la statue de Ganesh
les piliers sculptés d'animaux fantastiques aux détails
parfois impressionnants
sur le côté Nord du mandapam (sorte d'immense couloir aux piliers sculptés)
les boutiques des fleuristes.
même les grilles en fer forgé parlent de Shiva et Meenakshi...
des plafonds entiers de dieux et de déesses et de légendes à décrypter !
le bassin du lotus d'or, en pleine réfection avec en arrière plan
la majestueuse tour Sud
Le mandapam aux mille piliers qui est aussi un petit musée, et la statue
de Shiva Nataraja (dansant) dans le fond.
des "bandes dessinées" d'art traditionnel où les jeunes viennent graver leurs noms en toute simplicité !
Il a fallu intervenir, le gardien étant bien loin dans la salle. Eduquer, éduquer...
les nombreuses sculptures qui, toutes, racontent une histoire.

mardi 24 janvier 2012

Sur la route de Mad...urai

Nous quittons Trichy, 4e ville du Tamil Nadu pour Madurai le 2e ville. Sur le chemin de petits arrêts sympathiques pour observer la vie rurale et les activités artisanales.
La moisson du riz, ici toute faite à la main car les gens ne sont pas assez riches pour avoir une moissonneuse et du bout du bout des champs on les voit arriver vers la route portant sur leur tête un gros ballot de riz. La paille sera ensuite séparée du grain, puis coupée en morceaux et mélangée pour servir de fourrage aux animaux, ou bien servira de chaume pour les toits des maisons.
Les femmes comme les hommes portent leur fardeau et les bottes
sont lancées ensuite à la main sur le camion
 Les noix de coco sont ramassées de l'autre côté de la route.
Dans un petit hameau une famille a entassé des ballots de fibres de noix de coco, qu'une femme arrose pour la rendre plus souple. Elle sera ensuite "filée" et transformée en cordes, comme nous avions dans le temps.
Les balles de fibres de noix de coco attendent d'être filées et transformées en cordes.
Démonstration de la fabrication des cordes. Les femmes portent devant elles un panier accroché
à la taille plein de fibres de coco qu'elles filent au fur et à mesure, puis les deux cordes
sont rassemblées en une seule au retour

 La visite d'étrangers est évidemment propice à la tentation de demander de l'argent pour la démonstration, de vouloir le collier de l'une ou la bague de l'autre !
encore des marches à grimper ! pour monter au temple du frère de Ganesh
presque arrivé ! mais pas de photo à l'intérieur de toute façon
 Et bien sûr pour avoir nos bénédictions quotidiennes,nous ne manquons pas un temple sur la route ! celui-ci est consacré à Murugan, le frère de Ganesh, on ne pouvait pas manquer ça et le brahmane s'est fait un plaisir de nous faire visiter le temple, de nous badigeonner de cendres et de vermillon et de nous demander bien évidemment une bonne obole, en nous offrant une superbe et énorme guirlande de roses pour notre minibus nous a-t-il dit !
un lieu dans la campagne utilisé par les villageois
Ajouter une légende
Tout près un autre lieu, plus "païen" celui-là nous a fait stoppé et il s'agit de sortes d'ex-votos mis par les villageois lorsqu'ils viennent demander quelque chose et qu'ils sont exaucés.

A l'arrivée à Madurai, après une bonne restauration et sieste, le palais royal nous accueille pour une visite qui nous laisse un peu éberlués par l'architecture invraisemblable rococo italienne, un petit musée avec des sculptures des 9 et 10e siècles en pierre, superbes installés dans la "salle de bal" et qui mériteraient une autre mise en valeur, de même celles qui sont alignées dehors en rang d'oignons... Il y a encore du travail à faire dans la présentation et la mise en valeur du patrimoine local.
l'entrée dans la cour principale du palais royal
la salle de bal musée







le trône du roi
une belle série de sculptures mais tristement alignées....
et quand on voit Ganesh, sûr on ne le rate pas !
 A 18 h 30 nous revenons dans ces lieux pour un "sons et lumières" en anglais certainement fort intéressant mais où la puissance d'évocation n'était pas tout à fait suffisante pour nous faire résister au désir de somnolence pendant les quarante minutes du spectacle (à savoir juste des jeux de lumière sur les colonnes du palais avec une bande son très bien faite d'ailleurs).
le spectacle sons et lumières dans la cour du palais royal
Les jeux de couleurs dans les magasins de tissus des rues adjacentes où nous avons rôdé avant le spectacle nous a certainement plus intéressés, au moins pour certaines qui ont déniché de jolies choses.
le nombre de couleurs et les dégradés sont fascinants
ce magasin est juste un immense rayonnage coloré donnant sur la rue
même les selles des vélos sont en camaïeu