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samedi 6 avril 2013

Une journée de cueillette : le matin

Comme  mieux vaut une photo que des pages d'explication, voici illustrée une journée de ramassage dans un domaine de thé. D'abord la matinée.
Il est 7 h 20 et je suis les cueilleuses qui savent la veille au soir
quelle partie du domaine elles doivent cueillir le lendemain matin.
petit à petit les femmes se regroupent
et elles viennent se positionner devant une rangée
elles sortent de leur corbeille un grand tablier de plastique qu'elles se mettent
autour de la taille pour éviter de se faire déchirer leurs vêtements par les
branches des théiers, très dures
quand elles arrivent le contremaître leur donne à chacune un petit
bâton qui leur indique la hauteur à partir de laquelle il faut ramasser
le "flush" (bouton+2 feuilles) à partir de la dernière taille.
et après, au travail !
rapidité et concentration...

Quelques retardataires arrivent en vitesse (elles ont droit à 10 min)
mettent leur tablier et vont rejoindre les buissons
Après, il faut avancer, avancer...
et terminer la parcelle dans la matinée. Mieux vaut ne pas
regarder tout de suite au bout !

Une journée de cueillette : l'après-midi

Après avoir travaillé une bonne matinée et fais une pause pour leur déjeuner, nous voici repartis sur une autre partie du domaine pour le ramassage de l'après-midi, jusqu'à 15 h 30. Il y a une plage de quinze minutes supplémentaires pour celles qui veulent encore ramasser un peu plus pour atteindre leur quota ou faire un ou deux kilos de plus.
et c'est reparti pour une rangée !


les corbeilles en osier sont vidées dans des sacs aérés pour
éviter que les feuilles chauffent. Le sac pèse ici une bonne
dizaine de kilos.
les sacs sont mis à l'ombre des théiers en attendant la fin
de la journée (sans oublier l'inévitable parapluie !)
A 15 h 30 la majorité des cueilleuses s'arrêtent et vident leur corbeille dans leur sac
elles s'aident toutes pour mettre leur sac sur la tête, en règle générale cet après-midi
ils font entre 10 et 15 kg
quelques une restent encore et cueillent à toute vitesse les petites feuilles

les femmes partent à la station de pesage située près de l'école primaire

la queue pour le pesage des sacs
le peseur entre le numéro d'enregistrement de la personne
la machine affiche le nom et enregistre le poids du sac
les sacs personnels sont ensuite vidés dans de plus grands sacs
les feuilles sont rapidement entassées et bourrées dans les grands sacs
puis les sacs sont chargés dans un camion à claire-voie pour partir
tout de suite à l'usine
La suite : l'usine et le traitement des feuilles au prochain numéro !

mercredi 3 avril 2013

Assam, le bout du monde indien

Ca y est, j'y suis, dans les plantations de thé assamaises ! A plus de 2000 km à l'est de Delhi, plus de trois heures d'avion ou 26 heures de train, j'ai atterri à Dibrugarh. La carte ne donne pas la position de l'Assam dans l'état indien mais ça va donner l'occasion de ressortir ce bon vieil atlas...
la carte touristique de l'Assam, complètement à l'Est de l'Inde
j'ai fait des XXX pour indiquer le lieu où je me trouve
La première saison du riz est terminée ici, la moisson est faite et les troupeaux de vaches paissent tranquillement dans les anciennes rizières. On attend la pluie pour planter de nouveau et faire la deuxième récolte de l'année. Les plaines de thé sont immenses, pas une seule colline ici, tout est plat et le vert tendre des jeunes pousses de thé luisent sous le ciel couvert. Il fait bon, dix degrés de moins qu'à Delhi, on respire bien à 25°, le temps est gris et peut-être va-t-il pleuvoir bientôt ! En fait il pleut tous les jours, par petits instants. La meilleure saison pour le tourisme ici est jusqu'à fin mars, après c'est la pluie jusqu'en octobre.

le salon-véranda entouré par le jardin
Je suis dans une belle maison, un bungalow comme avaient les Anglais au début du XXe siècle, meublé d'époque. Le maitre de maison, le fils de mon amie indienne, s'occupe de cette plantation de thé depuis bientôt quatre ans et dirige environ quatre cents personnes qui travaillent dans cette propriété de 200 hectares. Il a fallu apprendre le langage de l'état, l'assamais, car ici l'hindi n'est pas considéré comme langue nationale prioritaire (seulement 2e langue à l'école), et quelques mots des langages tribaux, qui ne parlent pas forcément assamais et qui sont parfois installés ici depuis presque un siècle. Apprendre aussi tout sur le thé, le ramassage, la qualité. Ici on ne fabrique que du thé noir, plutôt fort.

Il a des avantages en nature comme l'eau, l'électricité, le gaz pour la cuisine, le bungalow entièrement meublé d'époque, sept personnes à son service, gardien, cuisinier, jardinier, chauffeur, blanchisseur, homme à tout faire... l'essence pour mettre dans sa voiture et l'organisation de son travail comme il l'entend. Une vie au naturel, il mange les légumes de son jardin, profite de soirées entre planteurs au club du coin, n'a pas le stress ni de la ville ni des horaires. Une vie saine, sans pollution, mais quasiment sans salaire aussi, bien occupée, c'est un choix de vie à faire ! Mais depuis qu'il a ce poste sa plantation a reçu chaque année le meilleur label de qualité.... Ce qui signifie quand même beaucoup de travail !
le jardinier tond la pelouse... au sabre !
Les cueilleuses et cueilleurs gagnent un salaire de base de 90 roupies (environ un euro trente) par jour à condition de ramasser 24 kg de thé, puis ils sont payés une demi-roupie supplémentaire par kilo jusqu'au 27 ou 28e kilo en fonction de la qualité du thé  puis ensuite une roupie par kilo supplémentaire. Lorsqu'ils veulent faire de "grosses" journées, ils arrivent à ramasser cent kilos de feuilles de thé dans la journée ! Mais dans cette plantation les horaires de travail sont de 7 h 30 à 15 h 30 avec une heure pour le repas. Si ce sont des cueilleurs "permanents" ils ont droit au logement gratuit avec eau et électricité, à l'école et au dispensaire gratuitement.
Même quand il pleut ils travaillent sous la pluie avec un grand parapluie et un grand tablier qui les protège car ils sont obligés de travailler dans les buissons de thé. Les feuilles sont cueillies exactement une fois par semaine, en fonction des lieux, là c'est le mercredi, ici le jeudi. On ne déroge pas à cette règle car ici on recherche l'excellence et la qualité pour l'exportation uniquement. Le travail se fait sept jours sur sept. Il y a un jour de congé par semaine et on embauche alors des journaliers.

Tout sur le thé, les plantations, la culture, les soins à donner, ce sera dans un prochain article !
les plantations sont en plaine, le décor change par rapport aux collines du Kérala !