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dimanche 11 décembre 2011

Célébrités d'un jour !

Ce matin après un bon petit déjeuner pour nous préparer à étape longue-distance, départ de Jhunjhunu dans la fraîcheur un peu crue, nous apprécions la veste polaire cette fois. Le soleil réchauffe vite l'atmosphère et nous photographions ce que nous rencontrons, un dromadaire lourdement chargé, dont le propriétaire trouve que vingt roupies pour l'avoir arrêté sur le bord de la route pour autant de photographes ce n'était pas cher payé, au prix de l'heure de chameau je suppose...

Puis un petit nid de tisserand perché sur un arbre tangri, dont le feuillage sert essentiellement pour l'alimentation de la bestiole rencontrée ci-dessus.
le nid de l'oiseau tisserand
Puis la plante qu'on trouve partout dans ce désert et que personne ne mange ni ne touche car son lait est poison, la calotropis, de la famille des apocynacées. La famille des Apocynacées est une famille de plantes eudicotylédones Ce sont des plantes vénéneuses : la calotropine, un des composés du latex, est plus toxique que la strychnine. Nous voilà avertis !
la calotropis, enfin je sais son nom !
Puis nous nous arrêtons à Mandawa, où se trouvent une cinquantaine de havelis superbes, maisons souvent délaissées par leurs propriétaires partis faire fortune à Calcutta ou Bombay et qui ne reviennent qu'une fois l'an ou moins, sans pour autant prendre soin de leur patrimoine culturel. Je retrouve à la descente du minibus un jeune homme qui attend les touristes en ce dimanche matin pour faire visiter son village et gagner quelque argent pour financer ses études artistiques de peintre miniaturiste. Il en a encore pour trois ans (sur cinq) et pense aisément trouver du travail dans la rénovation et la restauration qui commencent à se faire ici grâce à l'apport des touristes intéressés par la région. Et il me dit en français, je vous reconnais, vous êtes sur le journal aujourd'hui ! Nous éclatons de rire mais il nous apporte effectivement le journal du jour où nous faisons l'honneur de la première page, grâce à l'éclipse... effectivement, il n'y avait pas grand monde dehors pour la regarder à part nous... et un journaliste nous avait pris en photo !

nous voilà en première page grâce à l'éclipse de lune !

Shyam, mon ami indien qui nous accompagne et prend soin du groupe, va au marché pour nous en acheter un exemplaire chacun, on ne va pas rater ça ! Pendant ce temps, nous parcourons les rues à la recherche des beautés perdues.
le dessin est d'abord fait à l'aide d'un charbon de bois
puis on place les couleurs, végétales ou minérales (dessin d'origine)
sur la terrasse d'une haveli, la vue sur le palais de Mandawa
les fresques murales, de vraies enluminures, dessinées sur le plâtre
la beauté des rénovations
Haveli des deux frères, chacun ayant la même maison
en symétrique et comportant parfois des centaines de fenêtres


le verre pour la soif dans une encoignure...
...et le vélo du gardien devant la porte.
Avant de remonter dans le bus et partir vers Bikaner, un magicien vient nous distraire et nous a tous bluffés en faisant apparaitre et disparaitre des dessins dans un cahier, des cailloux et des pièces, allant chercher les uns dans des endroits parfois indiscrets chez les participants ébahis. Comment fait-il pour faire tomber les pièces des jambes de pantalon alors qu'elles étaient par terre quelques secondes avant ? Mais la route est longue, les nids de poules nombreux, les dromadaires encore plus et il faut bien avancer.
le cahier ne comportait que des pages blanches
et il y a maintenant des dessins de partout


samedi 10 décembre 2011

Pleine lune au Shekavati

Déjà hier au Temple du Lotus de la religion Ba'haie,
en plein midi tout était gris

Ce matin départ de Delhi sous un ciel embrumé et humide, qui sentirait l’automne si nous n’étions pas en Inde… Nous allons rejoindre notre minibus près de la place du marché dans le quartier de Pahar Ganj où pommes, bananes et oranges sont déjà en train de se mettre en équilibre sur les étals. Le périphérique, les autoroutes de dégagement nous sortent du centre ville pour nous amener presqu’au cœur de Gurgaon la ville administrative et des affaires où sont concentrés les centres d’appels téléphoniques. Nuit et jour, quinze mille personnes, casque sur les oreilles et sourire aux lèvres, se nommant Peter ou Monica plutôt que de garder Shiva ou Parvati, cherchent à vendre produits financiers ou assurances à des Américains de Chicago ou des Anglais de Birmingham avec l’accent adéquat.
Arrêt à Dahruhera pour une galette aux pommes de terre et yahourt au bord d’une autoroute en construction et là nous quittons la grande voie Delhi-Jaipur pour entrer dans la campagne du sud de l’Haryana. Plus nous nous éloignons de la capitale et plus le ciel vire au bleu et les routes aux chemins vicinaux. Passage à Rewari, les marchés sont pleins, de même à Narnaul. Et les briquetteries entre les deux sont vides… Personne sur les chantiers, tout le monde sur le marché. Ce samedi est jour de pleine lune, jour de paye pour les ouvriers et donc jour d’achat des fruits, légumes et autres nécessités pour la quinzaine à venir, le jour de paye suivant étant celui de la lune noire.
Nous arrivons vers 15 h 30 dans notre petite haveli décorée de peintures rajasthani, agréable surprise pour le groupe qui ne s’attendait pas à ce petit luxe. Nous allons ensuite visiter une très belle maison décorée, la haveli des Modi, famille de 5 frères qui ont délaissé depuis longtemps leur village de Jhunjhunun dans le Shekavati pour Bombay et le commerce de l’or. Le gardien semble tout content de nous ouvrir les portes d’une cour intérieure, qui redonne sur d’autres cours comme un emboitement de poupées russes.
de la cour d'honneur (avec un spectacle prévu) à la cour des femmes,
un emboitement de "cours gigognes" toutes décorées
 


le chemin de fer à l'honneur avec le Blanc et son casque colonial
Les cours toutes décorées et encore bien entretenues

Tout est peint, pas trop abîmé, on distingue encore la Reine Victoria, les chemins de fer, incongrus dans cette région où seuls circulaient les dromadaires des caravanes des épices et de la soie, et de nombreuses fresques de Krishna qui n’en finit plus de jouer des tours à ses bergères ou de jouer de la flûte pour son amoureuse Radha.

Et puis nous voulons aller à l’arati au coucher du soleil au temple de Rani Sati, mais en un quart d’heure, les boutiquiers ferment leur rideau de fer, les vendeurs de bananes plient bagages, le marché qui était animé se retrouve presque silencieux. Et on nous dit que de toute façon le temple est fermé. Ah bon ? Et que toute la ville va s’enfouir dans une obscurité et un silence bizarre et inaccoutumé pour un samedi soir. Les gens nous disent « chandra, chandra » et oui la lune, mais quoi….
Au temple de Rani Sati le début de l'éclipse de lune
au-dessus de l'entrée de notre haveli, la lune à moitié mangée...

Oh ! elle commence à se déformer tout doucement, très lentement et nous assistons à une éclipse de lune ! A partir de 18 h la lune se fait manger doucement par l’ombre de la Terre en commençant par le bord gauche en bas et quand nous la regarderons plus tard encore vers 21 h tout se sera déplacé vers le haut, c’est un peu bizarre mais il doit y avoir une explication scientifique.
la lune qui a changé...
En tout cas les Indiens eux, ne regardent pas car ils considèrent que c’est une mauvaise énergie et après l’éclipse ils feront rituels et purifications.
Mais samedi de pleine lune avec éclipse, on ne reverra pas cela de sitôt… Merci l’Inde de nous procurer ces petites surprises exceptionnelles !

vendredi 4 février 2011

En route pour le Rajasthan !

Aujourd'hui je laisse la plume a Gil et Hélène, le clavier c'est toujours moi ! Si je mets mon grain de sel ou plutot d'épices, ce sera avec la note (NdS = note de la secrétaire !)
Départ de Delhi le 3 février à 8 h, route vers le Shekavati et entrée dans le Rajasthan. Petit minibus de 9 tout neuf, super confortable et connaissance avec Shyam notre accompagnateur et Hari notre chauffeur.
Sortie de Delhi frisant le fantasmatique. C'était delhi-rant !
Prise de contact avec les autoroutes... possibilité de circulation à double sens, sur la même voie avec cotoiement de tracteurs, d'animaux et d'ouvriers traversant pour aller au travail.
Enfin, impossible pour un Français de conduire en Inde sans prendre une jaunisse ! (NdS : et Gen de rajouter : il n'a même pas le temps de prendre une jaunisse de toute façon).
Ensuite 100 km de route complètement défoncée en slalomant entre tracteurs, camions, chameaux, rickshaws (NdS : transport en commun type scooter à 3 roues, prévu pour 3, maximum, on pourrait dire 10... difficile de compter en doublant !)
Arrivée dans un petit palais dans une petite ville, Jhunjhunu, chambre donnant sur un jardin... tout bien.
Départ pour les visites. Traversée à pied de ce petit village avec fort, temple hindou, mosquée et quelques havelis (maisons décorées) accompagnés des enfants du village et de leur "hello" (Gen avait compris "euro !")
Cérémonie religieuse au temple de Rani Sati au milieu des fidèles et au son du tambour et des cloches. Selon le principe des boites de nuit, saturation des sens et bourdonnement dans les oreilles pendant une demi-heure après la fin (NdS : c'est ce qui s'appelle être complètement sonné)
Retour à l'hotel, on fête l'anniversaire d'André et dégustation d'un succulent repas typiquement indien. (NdS : je rajoute que j'ai fait une dizaine de km en bus avec le chauffeur pour aller leur chercher de la bière avant que la boutique d'alcools ne ferme a 20 h ! cette boisson n'étant pas disponible aisément dans les restaurants de "province")

Je reprends la plume pendant que tout le monde s'esbaudit devant les peintures, les sculptures de grès ajouré, les pièces fastueusement décorées de l'immense citadelle de Junagarh (édifiée entre 1588 et 1593) de Bikaner. Et comme il y en a bien pour deux heures j'ai le temps de papoter dans un cyber-café à côté pour donner des nouvelles.
Nous avons donc continué notre route ce matin passant par la campagne pour découvrir des petites villes du Shekavati comme Mandawa et Fatehpur, célèbres pour leurs splendides maisons décorées de fresques religieuses (Krishna, beaucoup) ou laiques (portraits d'Anglais de l'époque, ou des nouveautés technologiques : train, bateau à vapeur, gramophone...).
Ces maisons sont maintenant quasi abandonnées par les propriétaires dont les ancêtres avaient fait fortune avec la route de la soie et des épices.
La route, à voie unique par moment, en a donné des sueurs chaudes à plus d'une en voyant venir en face de gros camions ou traverser paisiblement un troupeau de buffles. Dans une semaine tout le monde sera habitué à la circulation à l'indienne... et nous serons privés des délicieuses interjections qui fusent régulièrement...
On essaiera de mettre des photos quand on sera à Jaisalmer, on aura plus de temps.