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dimanche 26 janvier 2014

Fête nationale indienne

Le 26 janvier est jour de fête nationale en Inde. Petits drapeaux vert-blanc-orange accrochés sur toutes les balustrades le long du Gange à Bénarès, broche discrète en forme d'Inde et aux couleurs du drapeau nationale accrochée au revers du pull-over et puis quelques photos prises le long des ghats ce matin, ces escaliers qui longent le Gange à Bénarès.
Un peintre affiche ses tableaux et ses souhaits pour ce jour spécial
sur un mur le long du Gange
le vendeur de thé fait mijoter ses épices dans le lait bouillant
des touristes indiens se préparent pour aller prendre leur bain, malgré la
température plutôt frisquette (14° C) et le soleil pâle
et lui se prépare à se ceindre d'un beau tissu orange pour aller faire trempette
pendant ce temps, les blanchisseurs tapent, mouillent, savonnent, frottent,
pas de jour férié pour les travailleurs (du dimanche 26)
il faut vite profiter du soleil et du vent léger pour tout étendre
pas beaucoup de touristes non plus, on étend partout !
et le ramasseur de draps joue au fantôme de l'opéra !
et le sadhu, lui, fait comme georges Brassens le 14 juillet :
le jour du 26 janvier
j'reste dormir sur mon escalier...



jeudi 28 mars 2013

Bénarès, un jour d'orage

C'est notre dernier jour à Bénarès. Lever matinal, petit effort mais grand plaisir que de pouvoir se promener avant l'aube sur les escaliers qui bordent le Gange. Nous ne sommes que deux à profiter de cette douceur tranquille après les folies de Holi ! Nous allons jusqu'aux ghats principaux, accueillons quelques grosses gouttes de pluie, puis partons un peu à l'aventure à travers les ruelles. Quelques photos de cette escapade avant de rentrer sur Delhi qui racontent le quotidien et le banal. Mais où se situe le banal en Inde ?

avec l'annonce de l'orage, les couleurs ont pris un ton de gris qui semble
rehausser les autres couleurs. Cela donne une ambiance peu ordinaire sur
les ghats

Au lever du jour, le jeune brahmane vient célébrer le Gange
les pandits s'installent sous leur parasol et attendent les pèlerins

Pas grand monde ce matin pour louer une barque !
Un sadhu qui vient de se "purifier" dans le fleuve sacré, a un regard vers le
ciel, la pluie va arriver.
un groupe de pèlerins discutent devant un petit temple
et des sadhus eux profitent d'un banc devant le Gange

Une chèvre déguste les roses offertes au lingam de Shiva, mais
comment est-elle entrée ?

Retour à la maison avec le petit pot d'eau du Gange
le barbier a déjà installé sa minuscule boutique
méditation tranquille en regardant le fil de l'eau

profiter du petit vent frais pour faire sécher son linge...
ou le poser sur les marches en espérant qu'un chien ne viendra pas y mettre les pattes !
dernière prière en hommage à Shiva avant de rentrer
Dans une des ruelles de la vieille ville : que la lumière soit ! et qu'elle illumine
votre journée !

jeudi 28 février 2013

Promenade en barque sur le Gange

Promenade on ne peut plus classique, déjà bien écrite et photographiée dans ce blog... Mais je rajoute quelques photos de ce jour, pourquoi s'en priver ?


Les couleurs, la foule, les palais décrépis sur les bords du Gange
les blanchisseurs dont la place est réduite ces jours ci avec la venue de tous les
sadhus qui ont installé leurs tentes après la Khumba Mela d'Allahabad
la vente "à l'abordage" des touristes naviguant sur le Gange
les femmes qui, après leur bain, font sécher leur sari à deux
les sadhus venant de la Khumba Mela se sont installés avec leurs tentes, leurs
plastiques, leur chilom et leur trident, signe de Shiva
Sadhu solitaire et décrépitude des monuments

mardi 26 février 2013

Un grand arati à Bénarès


Ambiance « Shiva ».

Tous les matins et tous les soirs sur le bord des fleuves en Inde, au lever et au coucher du soleil, on fait l’offrande du feu ou des cinq sens au fleuve. Cela peut être une cérémonie très intime, familiale ou théâtrale comme l’est celle de Bénérès sur cet endroit des ghats.

Ce soir c’est la fête, c’est la foule, c’est la folie sur les ghats de Varanasi (les escaliers qui sont le long du Gange à Bénarès).
Sur le fleuve une centaine de barques sont alignées, encastrées, imbriquées les unes dans les autres et remplies de centaines de pèlerins. On croirait qu’il y a aussi des gradins sur le Gange, bourrés à ras bord.
Des flashes crépitent, les petites coupelles avec bougie et fleurs traînassent le long de la rive ou filent à grand train en fonction des courants. La lune, à la couleur assortie aux néons du quai, s’affiche ronde dans le ciel noir dont les étoiles ont été tuées par l’orgie lumineuse.
Des sâdhus (renonçants) qui n’ont pas fait vœu de pauvreté photographient avec leur portable dernier cri la foule et les lieux de la cérémonie délimités par des rangées de lumignons.
Un Oooooommmm qui ne s’essouffle pas traîne sur l’harmonium pour marquer le début de la cérémonie. Les cloches tirées par des ficelles s’agitent en haut des portiques en bambou, les officiants secouent énergiquement leur propre clochette et la cacophonie est assurée par l’harmonium, le chanteur et les haut-parleurs grésillant au maximum de leur volume. L’ambiance mystique est assurée par un premier ballet de mouvements avec un bâton d’encens (l’odorat) dont la fumée légère virevolte au-dessus des têtes. Puis c’est au tour d’une rose, la vue, (tiens, c’est un nouvel ajout dans le cérémonial, ça devient romantique), puis le gros chaudron de charbon brûlant avec de l’encens qui dégage de vigoureuses fumées, assurent l’ambiance pour les photos tout en purifiant l’atmosphère.
Puis les grands chandeliers pyramidaux qui pèsent un poids considérable et qui permettent aux sept jeunes brahmanes officiants de se muscler un peu les biceps, se montent et se baissent au rythme des mantras. Les sâdhus vidéastes utilisent leur téléphone mobile pour filmer la cérémonie et peut-être ensuite la montrer à leurs frères de chilom au pied des Himalayas.
Pour continuer la séance de musculation, de petits chaudrons en bronze surmontés de la quintuple tête du cobra sacré sont élevés à deux mains aux quatre coins cardinaux.
Puis vient le tour des éventails en plumes de paon. Quelques jets de pétales d’œillets d’Inde finissent en pluie sur les barques en-dessous de l’estrade. Les conques retentissent et c’est au tour de grands balais-queue-de-cheval à dessiner en cadence le cercle de l’arati. Les moustiques et les éphémères virevoltent en rythme autour des lampadaires.
Prise par l’ambiance que provoque le gigantisme de la foule ce soir je suis surprise de l’arrêt de la cérémonie qui me semble raccourcie. Ai-je rêvé ou manqué des séquences ? Celle de l’eau avec les conques, celle du petit mouchoir qu’on agite… Mais c’est ça aussi l’impermanence. Pourquoi s’attendre au pareil, au semblable, puisque tout change. Sur un même endroit du Gange, l’eau qui passe n’est jamais la même.
Mais tous les swamis (enseignant religieux, qu'on pourrait traduire par "moine") que nous avons rencontré nous enseignent qu’il y a un lieu en nous qui est éternel, immortel, et tous les sages vous le diront ici. Un lieu où on est dans le bonheur…
Je vous souhaite de le trouver et d’y rester.
une vue partielle de la foule ce soir là... (photo Ronald Chrétien)

dimanche 25 décembre 2011

Un Noël extra-ordinaire à Bénarès.


les ghats de Bénarès au soleil matinal de ce Noël
 En fin de matinée, une longue promenade tranquille, dans un doux et chaud soleil d’hiver sur les escaliers qui bordent le Gange sur des kilomètres et qui nous permet d’entrevoir deux jeunes femmes indiennes, visiblement touristes et qui se font plonger dans l’eau tout entière par leur mari, en riant de leur sari trempé, de jeunes hommes qui se font raser la tête par le barbier de service car il y a eu un décès dans la famille aujourd’hui et que c’est la tradition chez les brahmanes, même si certains jeunes hommes rechignent lorsque le degré de parenté est plus éloigné que celui de l’oncle paternel. Un petit toupet est laissé au somment du crâne, à l’endroit du dernier chakra, là où le fils aîné tapera sur le crâne du défunt pour libérer son âme.
désolée pour le flou, j'ai un peu volé la photo du jeune en train de se faire raser la tête

Les vaches se retiennent de brouter les torchons qui pendent sur les cordes à linge mais les chiens n’hésitent pas à laisser leurs empreintes boueuses sur les draps de l’hôtel qui sont en train de sécher. 
La rive droite du Gange tout au fond avec son grand banc de sable
en décembre c'est plutôt au soleil de midi qu'à l'aube que les gens prennent leur bain rituel
 Je fais un petit détour au niveau du Khedar Ghat, je monte les escaliers qui ne font qu’amorcer tours et détours de ruelles minuscules où vrombissent les motos et où les présentoirs des marchands offrent fruits et légumes frais, où quelques pourceaux gris reniflent les ordures et se font éloigner du gros fromage qu’on presse et qui donnera de bons morceaux de « paneer » dans les petits pois ou les épinards, pour arriver enfin sur la route principale à Sonar Pura. Repérage, car il ne faudra pas manquer l’entrée de la ruelle pour le retour sur les quais du Gange où m’attend le groupe en train de faire des photos, et j’arrive à une superbe patisserie, Ksheer Shagar, visiblement très connue, un portier vous ouvre la porte, il y a du monde et même des « couloirs » comme à l’aéroport pour faire la queue. C’est l’une des quatre meilleures pâtisseries de Bénarès paraît-il. Pas d’hésitation, je demande un kilo de gourmandises variées, et le serveur me prépare une jolie boite de losanges colorées, de fruits secs au milieu de sorte de pâte d’amande, de dattes et de toutes sortes de couleurs de pâtes toutes faites à base de lait et de sucre, parfois de farine. Pour 4,50 euros le kilo, on peut se faire une bonne crise de foie pour pas cher. Mais non, même pas, le contenu magnifique de la boîte disparaîtra avant le coucher du soleil pour éviter la transformation en citrouille. Notre petite équipe et les étudiants en français de Vineeta mon amie indienne, même après un pique-nique extraordinaire préparé par les garçons, ne lésineront pas pour plonger la main dans la boite, de même que pour les papillotes en chocolat, pur produit lyonnais ne l’oublions pas !

Mais avant cela il nous a fallu traverser le Gange en bateau, se faire arnaquer sur le prix de la traversée, même si je connais le prix indien, mais bon, c’est Noël… et traverser le grand banc de sable pour arriver à la lisière de la campagne, traverser quelques champs de blé nouvellement plantés et surtout bien arrosés, contourner ceux de lentilles déjà hautes, et admirer les belles plantations de fleurs et d’arbres que Vineeta a fait tout autour de sa nouvelle demeure toujours en mutation. Les étudiants préparent les légumes, font cuire les aubergines et les pommes de terre sous la cendre, à savoir sous les galettes de bouses de vache, excellent combustible qui donnent un goût incomparable à la cuisine indienne. Deux heures après, nous dégustons, tout en bavardant sur les traditions indiennes.
Le pot de lentilles (pas épicée)s mijotent sur les galettes de bouse,
de même qu'aubergines et pommes de terre. Un pique-nique indien.
Le soleil se fait rouge sur l’horizon nous reprenons le bateau au bon prix cette fois et flânons pour rentrer à l’hôtel à regarder les préparations des « arati » de partout sur les ghats, les cloches sonnent dans tous les coins, les bateliers nous hèlent une dernière fois au cas où nous aurions envie de rentrer par la voie navigable au lieu de monter et descendre les innombrables marches longeant les palais décrépis, les guest-houses repeintes et les montées d’escaliers soudainement sombres.
A 20 heures nous repartons pour un concert annoncé dans un hôtel chic tout proche. Petit salon de musique préparé avec goût, fleuri de partout et où vont jouer une jeune femme souriante, Dr Kamala Shankar, sur sa Shankar Guitar, une guitare indienne tenue à plat sur les genoux, avec un nombre de cordes impressionnant et le joueur de tabla, Pundalik Krishna Bhagwat. Ragas de fin de journée qui nous bercent et endorment certaines, mais réjouissent le peu nombreux public de connaisseurs qui n’en peut plus de bonheur. 
Tabla et guitare indienne, un concert de grande qualité,
mais parfois difficilement accessible à nos oreilles plus habituées
à Mozart ou Beethoven
A la fin, réception, thé au lait, délicieux biscuits et CD acheté en souvenir de cette soirée hors du commun. Un vrai bon Noël, 2011 ans que Jésus est né, et tous les Indiens qui nous souhaitent « Happy Christmas » au pays de Shiva, Ganesh, plus tous les autres…

mardi 22 novembre 2011

Kashi, Banaras, Varanasi

Bénarès la sainte, Kachi la vénérée, Banaras, l'ancienne... nous y sommes au coeur de cette ville qui fait rêver tous les mourants, les malades en fin de vie, les clochards célestes et les autres, les sadhus, les pèlerins de tous bords, hindouistes, jaïns, bouddhistes... Une petite barque fantomatique nous fait glisser de palais fantôme en bûcher de crémation, noussommes dans le silence du brouillard, juste le son des petites clochettes sur le bord des escaliers pour signaler que le brahmane fait l'offrande du feu au fleuve. Nous plaçons délicatement nos coupelles de feuilles emplies d'oeillets piqués d'une bougie allumée sur l'eau le long de la barque pour le bonheur de tous les êtres, la générosité c'est ça ! et nous regardons avec curiosité ces barques emplies de Japonais baillonnés qui flashent tous azimuts à travers la brume.

Le jour est là, les dobhis, les machines humaines à laver et à battre le linge sont dans l'eau jusqu'aux genoux, à lancer leur drap avec force sur leur pierre.

Aujourd'hui il semblerait que l'hôpital du coin ait donné tout son linge et nous espérons qu'après avoir fait sécher les blouses vertes des chirurgiens au-dessus du grand égout collecteur, tout sera passé à l'autoclave pour une stérilisation qu'on imagine effective mais on peut tout imaginer.

Draps, serviettes, vêtements chirurgicaux, tout est nettoyé et purifié par le fleuve sacré...
Après un délicieux petit déjeuner dans une "german bakery" où certaines craquent pour une, non deux crêpes au chocolat, ou une autre à la banane, avec un super bon pain aux céréales, du beurre, du café et du thé, nous filons en rickshaw dans la poussière et le bruit (mais peut-il en être autrement ici ?) sur Sarnath, le lieu où Bouddha fit son premier sermon et annonça les quatre nobles vérités.
  L'énorme Dhamekh stupa serait le lieu même de ce sermon rappelé par des statues non loin de là près du temple.
Le musée où il est maintenant interdit de prendre des photos nous offre une statuaire magnifique, bien organisée, avec des informations faciles à trouver même en français sur un ordinateur à écran tactile placé dans chaque salle. Là aussi il y a eu modernisation et c'est tant mieux pour apprécier toutes ces beautés du passé.
Il y aura aussi une visite à la BHU l'énorme université-ville de Bénarès, son musée sympathique avec quelques belles miniatures... photos à venir très bientôt !

lundi 21 novembre 2011

Bénarès la ville sainte

Bénarès et ses ghats célèbres... ce sera pour un autre jour mais tous les jours (enfin quand je peux plutôt ! je suis un peu prétentieuse !) j'essaie d'avancer donc allez voir à reculons dans les dates !
Ce matin notre Mère Ganga dans la brume.

abordage moderne sur le Gange pour vendre ses vidéos !