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lundi 17 juin 2013

Mousson précoce en Inde


Il n'y a pas qu'en France que ça change !

Inde: la mousson précoce fait 18 morts (AFP et Figaro)

Des pluies violentes se sont abattues aujourd'hui sur le nord de l’Inde causant la mort d'au moins 18 personnes, alors que la mousson s'est étendue à l'ensemble du pays avec deux semaines d'avance sur le calendrier habituel, ont indiqué les autorités.

"C'est la première fois que les pluies couvrent tout le pays aussi tôt" dans l'année, a déclaré au Hindustan Times le directeur du département de météorologie du pays. Il faut remonter à 1960 pour trouver une date voisine, puisque les pluies avaient alors recouvert le pays le 21 juin.

Plus d'une dizaine de personnes sont mortes après des précipitations record dans l'Etat d'Uttarakhand, au pied de l'Himalaya, a indiqué un responsable local. "Quatorze personnes sont mortes et plus de cinquante manquent à l'appel en raison de glissements de terrains et d'effondrements de maisons, causées par des pluies violentes", a déclaré le directeur des services de gestion de catastrophe de l'Uttarakhand. Quatre personnes sont décédées et cinq autres ont disparu dans l'Etat voisin de Himachal Pradesh, a ajouté un responsable policier du district de Kinnaur.

Près de la frontière tibétaine, des chutes de neige, inhabituelles pour la saison, sont tombées sur plusieurs villages, isolant des bergers et leurs troupeaux, a indiqué à l'AFP un chef de village. A New Delhi, des pluies abondantes ce week-end ont causé de petites inondations dans les halls d'arrivée des aéroports pour les vols internationaux et intérieurs.

L'arrivée précoce de la mousson est bon signe pour le secteur agricole. Les pluies qui s'abattent sur le sous-continent de juin à septembre sont une source vitale de revenus pour le pays, qui est un des principaux producteurs mondiaux de coton, de riz, de sucre et de blé.
la mousson à Cochin (Kerala)
arrivée de la mousson à Allepey (Kerala)

dimanche 30 janvier 2011

Climat : tout fout le camp !

Et oui, ça y est de retour en Inde, et là, ce matin en prenant mon délicieux hot-lemon-ginger-honey (boisson chaude au citron et au gingembre) je lisais le Sunday Times of India ce 30 janvier à Delhi. Un grand article sur les modifications du "panier de la ménagère" indienne provoquées par le climat qui fait le fou un peu partout :
Le blé dont la production est tombée à cause de la hausse de la température... mouvement inverse !
L'Assam, réputé pour son thé fort et noir a vu également sa production faiblir, comme le goût de son thé.
Le riz du Kerala s'est chopé la peste à cause des pluies incessantes, de même qu'à Goa la production des noix de cajou a chuté comme la récolte des mangues à cause des dix mois de pluies ! Ah ! "Goa, ses plages enchanteresses, ses palmiers, ses pluies abondantes" ne sera pas un slogan vraiment attractif pour les touristes.
Le café du Karnataka a vu sa qualité baisser car il a plu avant et après la floraison... Jamais contents ces Indiens, il aurait pu aussi pleuvoir pendant...
La pluie de novembre 2010, inattendue (voir aussi sur mon blog au Gujarat) a retardé la récolte du raisin dans les vignobles de Nasik et perturbe tout le cycle des cultures. Mais au moins ils ne viendront pas concurrencer le Beaujolais.
Le risque : l'utilisation accrue de pesticides pour lutter contre les maladies développées par la pluie !
Et les belles petites pommes de l'Himachal Pradesh, qui, à cause de l'élévation de la température perdent leur jus et leur craquant... Déjà qu'elles sont difficiles à trouver sur les marchés où on trouve maintenant des pommes sans goût du Chili à presque un euro pièce ! mais celles-ci sont rouges et brillantes, astiquées, frottées avant d'être mises à l'étalage. Mais qui peut se permettre d'acheter des pommes à ce prix ? Dernière info : les belles petites pommes croquantes de l'Himachal sont, selon la qualité, entre 70 et 100 roupies le kilo ! 20 roupies la belle pomme ! (1 euro = 58 à 60 roupies selon le cours du jour)
Et à qui profite ces changements climatiques ? je vous le donne en mille ! Aux... Chinois, qui ont anticipé et ont irrigué des terres d'une superficie quasi semblable à l'Inde et qui ont produit 500 millions de tonnes de graines alimentaires supplémentaires. Et aux Canadiens qui vont pouvoir cultiver autre chose que des rennes et des forêts...
Et M. Swaminathan, le père de la "révolution verte" d'expliquer ainsi la détresse et le suicide des agriculteurs, mais il oublie que ces suicides ne datent pas d'aujourd'hui et que Montsanto et l'introduction en masse des OGM y sont pour beaucoup. Il propose quelques actions à mettre en place comme la formation d'un homme et d'une femme dans chaque "panchayat" (conseil de villages) pour devenir "climate risk managers", que chaque ferme ait une mare et une installation de biogaz (utilisation des bouses de vache pour donner du gaz suffisant pour faire la cuisine quotidienne) afin d'assurer l'énergie et la sécurité en eau au quotidien, faire un classement des semences résilientes comme le riz et celles sensibles aux variations climatiques comme le blé, faire des recherches génétiques pour une nouvelle base de semences résilientes ( au secours, Montsanto !) et construire une banque génétique de semences pour une Inde qui se réchauffe.
Allez, bon appétit !
Et juste sur la page d'en face une grande photo du Mahatma Gandhi avec cette phrase "Le futur dépend de ce que vous faites aujourd'hui".
Allez, bonne journée !

mercredi 24 novembre 2010

changement climatique au gujarat

Les bouleversements météorologiques sont partout dans le monde. En ce moment il règne un temps de mousson jamais vu encore en cette fin novembre sur le Gujarat. Aujourd'hui pas de pluie pour monter faire le pèlerinage à Palitana la "Mecque" du jaïnisme, mais un temps de brume qui rendait le paysage irréel. Les dômes des centaines de temples se dessinaient comme estompés par ces nuages bas qui les transformaient en château de belle au bois dormant.Les pelerins jains montant dans le brouillard les 4000 marches pour acceder aux centaines de temples au sommet de la colline.

Juste avant notre grimpette religieuse, un séjour qui se voulait reposant et balnéaire dans la petite île ex-portugaise de Diu et où la petite place du marché où se tiennent habituellement les marchands de légumes, de bananes, de goyaves bien mûres, de chikus (sapotilles), d'ananas odorants, s'est vue transformée en cascade. La photo a été prise pataugeant les pieds dans l'eau, avec autant de plaisir que les deux gamines qui rentraient de l'ecole !De retour à Ahmedabad, toujours sous la pluie, nous passons au marché tibétain où les habitants se précipitent pour acheter pulls, bonnet, anorak... Après une semaine de pluie la température a baissé de 10 degrés, mais il fait quand même 23 degrés dans la journée ! et le taux d'humidité est de 86 %, augmentant la sensation de fraîcheur mais pour nous quelle aubaine de respirer un peu mieux... Ces conditions climatiques n'ont jamais été vues encore de mémoire de gujaratis...