jeudi 4 mars 2010

Journee à la campagne

Hier belle journée bucolique à la campagne avec mon amie indienne qui a décidé de quitter la ville de Bénarès, bruyante, polluée, pour aller faire construire sa maison de l'autre côté du Gange. Il suffit de passer le pont... ici ce sera le bac pour passer le Gange puis traverser le grand banc de sable avant d'atteindre la rive opposée et de prendre un petit chemin de campagne pour arriver chez elle. La maison est en cours de construction, elle n'a pas lésiné sur les dimensions, 120 m2 pour elle toute seule mais avec 4 chambres pour les amis de passage qui aspirent au calme et au chant des oiseaux.
Le petit village tout près est un village de laitiers, les troupeaux de buffles y sont nombreux et les femmes y fabriquent quantités de plaques de bouse mélangées à la paille, qu'elles vendent ensuite et qui servent pour alimenter le feu pour la cuisine.En allant voir le Gange et admirer la ville par l'autre côté, nous nous sommes arrêtées près du bac à la petite boutique de thé, avons grignoté quelques ships, et observé les oiseaux à bec rouge qui venaient picorer les miettes. Un bon vieux sadhu était là, tranquille, à fumer son chichon. On entendait les rumeurs de la ville juste en face.

mardi 2 mars 2010

Holi, la fête des couleurs

Le jour de la pleine lune du mois de Phalgun, correspondant au mois de mars du calendrier grégorien, Holi, la fête des couleurs est manifestée avec grande joie et enthousiasme, parfois délirant...
Depuis quelques jours tous les marchands de couleurs font leur chiffre d'affaires de l'année et des grands aux petits, qui ont eux, des pistolets, que dis-je la mode cette année est carrément à la mitraillette, remplie d'eau colorée, chacun se prépare joyeusement à badigeonner les autres de toutes les couleurs.
Le petit marchand de couleurs a la sortie de l'hôtel.
Le départ s'est fait officiellement le 1er mars à 6 heures du matin, l'heure étant fixée par les astrologues. C'est aussi la fête du printemps qui annonce l'arrivée des bourgeons, des fleurs et de la chaleur.
La légende la plus connue pour Holi est celle du démon roi Hiranyakashyap qui demandait à tout le monde de le vénérer mais son propre fils Prahlad, ne vénérait que le dieu Vishnou. Le démon demanda à sa soeur Holika de prendre Prahlad dans ses bras et d'entrer dans un grand feu pour le tuer, Holika ayant le pouvoir d'être immunisée du feu. Mais Vishnou touché par la dévotion de Prahlad le sauva du brasier et c'est Holika qui périt carbonisée, sa magie ne fonctionnant que si elle entrait seule dans le brasier!
Des bûchers sont donc allumés dans tous les coins des villes de l'Inde (surtout du Nord) pour brûler la déesse Holika, qui est sensée représentée également toutes les mauvaises choses de l'année qui vient de s'écouler. Chacun est sensé faire la paix avec ses amis et sa famille et recommencer une nouvelle année à neuf, ceci marqué par le changement de vêtements (à midi on s'arrête, on s'astique fortement et on s'habille de vêtements neufs et blancs), après avoir bien été coloré toute la matinée.
J'ai préféré reporter mon trajet en train pour le lendemain, car j'aurais dû arriver à Bénarès juste pour le début du festival et là, sûre que j'avais droit à un ravalement de façade gratuit...
Pour vous donner une idée du comité d'accueil devant la porte de l'hôtel :

dimanche 28 février 2010

Les jardins de Lodi à Delhi

Aujourd'hui dimanche, c'est le jour où chacun part pique-niquer quelque part sur une pelouse de Delhi pour chercher un peu d'ombre et de fraîcheur.

Les jardins de Lodi (qu'on pourrait -un peu- comparer à notre Parc de la Tête d'Or lyonnais) sont des lieux privilégiés et sont suffisamment étendus pour pouvoir se sentir tranquille. Ce lieu, construit durant la période des Lodi, dynastie afgane de Delhi (1451-1526), comporte une belle mosquée, avec un lieu d'hébergement pour pélerins de l'époque, des tombeaux et mausolées, un superbe pont construit par le Nawab Bahadur, un noble de la cour d'Akbar (1556-1605) et qui est l'un des rares ouvrages de ce temps conservé à Delhi.Le pont de sept arches, monument historique national.

De nombreux amoureux viennent passer du bon temps cachés derrière les arbres et ici, même les arbres s'enlacent.

Galta

Une vue de Galta en arrivant, coincée au fond d'un vallon. Les bassins sont tous alimentés par une source pérenne qui sort de la paroi à travers la gueule d'une vache. L'eau est sensée avoir des propriétés médicinales.Le bassin des ablutions où viennent les habitants des environs.
Galta, à quelques kilomètres de Jaipur est une petite cité hindoue, lieu de pélerinage pour les gens des environs, sur les lieux où vécut un sage, GaltaJi, qui serait resté en méditation ici durant 6000 ans selon la légende. Il est représenté dans le temple par un gros caillou coloré en orange avec de grands cheveux blancs et une barbe immense, indiquant ainsi son très grand âge. Les divers monuments datent des 17 et 18e siècles.La "poubelle" des temples de Galta qui nous a réjouit !
Il nous est arrivé une chance inouïe... celle de "faire les poubelles" du lieu, à savoir que tous les objets religieux un peu détériorés, cassés, défraîchis, sont tous jetés dans un cagibi et nous avons pu y dénicher quelques beaux objets "souvenirs" de ce lieu, qui nous ont été donné gracieusement... Chacun est reparti, qui avec une statue kitch de Laxmi, la déesse de la richesse, une gravure encadrée de Kali ou le taureau Nandi, véhicule de Shiva, en marbre, avec des oreilles cassées, mais joliment sculpté.
L'entrée du temple d'Hanuman.
Ce lieu nécessite de prendre du temps. Il n'est pas seulement beau mais énergétiquement intéressant. Nous y avons donc passé deux bonnes heures, goûtant les charmes du lieu et de la méditation, appréciant l'accueil d'un jeune brahmane, les coups de plume de paon sur la tête d'un autre... Un bel endroit à découvrir, et pas seulement pour faire des photos.

samedi 27 février 2010

Balade au Fort d'Amber

Il est intéressant de cliquer sur le lien du titre, cela permet de voir des images anciennes, d'apprécier la sècheresse actuelle et de voir que le lac a entièrement disparu depuis trois ans...
Le fort d'Amber vu de près recèle assurément des merveilles, sculptures, peintures, incrustations diverses, petits jardins secrets dont les plantes sont changées au fil des saisons... Mais presque vu du ciel il a encore une autre et fière allure. Notre petit groupe d'aventuriers grimpeurs ne s'y est pas trompé et a hardiment affronté la hauteur des marches de la muraille entourant cette belle petite propriété maharaja-magique pour admirer le paysage d'en haut et profiter de l'air frais. C'est parfois impressionnant...
Venez voyager avec moi et vous en verrez de toutes les hauteurs. Pour les couleurs, attendez le 1er mars !

Keoladeo Ghana National ParK

Petite pause sportive et ornithologique à Bharatpur pour admirer les oiseaux qui passent encore par ici malgré le manque d'eau, pas de mousson trois ans de suite, et ça transforme une zone humide en savane vite fait. Quelques grues de Sibérie viennent encore faire escale, des flamants, des canards de toutes sortes, bec à pois, à plumes de couleur safran, des grosses antilopes également, bien qu'elles n'aient pas d'ailes. Parcours du parc à vélo, tranquille, avec un guide et ses grosses jumelles pour nous faire découvrir le hibou caché ou le dos des tortues qui émergent des petites mares qui restent.
Le retour au soleil couchant a été un vrai régal nous permettant d'observer les paons se nichant en haut des arbres.

Sanganer

Sanganer est une petite ville à une dizaine de km de Jaipur, industrieuse, qui est remarquable grâce à son temple jain du XIe siècle, ses papeteries spécialisées dans le papier fait à la main et dont les grandes marques européennes profitent abondamment pour leurs sacs d'emballage très classe, avec des incrustations de pétales de fleurs ou des imitations cuir (type peau de crocodile, très tendance...) ou velours. Il faut voir aussi les impressions sur tissus (block printings) puis ensuite la teinture et le lavage des tissus... Impressionnant de voir les conditions de travail, les jambes dans l'eau colorée de produits chimiques, jusqu'aux genoux. Voir également le précédent article sur Sanganer sur ce blog.
Puis le vent s'est levé, le ciel s'est obscurci et dans le terrain adjacent, les hommes se dépêchaient de ramasser les immenses tissus lavés avant de les imprimer et les teindre et qui risquaient de se mouiller encore une fois.