mardi 7 août 2012

De Keylong à Leh

Après une nuit courte mais confortable dans un hôtel de Keylong, nous partons à 6 h du matin car nous avons une longue route à faire jusqu'à Leh.
petit déjeuner fleuri !
Nous prenons un petit déjeuner sympathique dans un petit "bistrot" où l'on peut passer la nuit également, de beaux bouquets de lys frais sont disposés sur les tables, le thé est chaud, les toasts beurrés aussi... Nous repartons et patatrac ! encore une queue qui s'annonce au loin. Tout simplement le pont qui passe au-dessus du torrent qui est en pleine "reconstruction" !
effectivement le petit panneau "danger" n'est pas superflu !

L'objet du délit... et les bus qui prennent le gué
l'état des lieux... et le temps qui incite plus à la lecture qu'à la promenade.
 Une ferraille qui soutenait les plaques de fer s'est vrillée, il faut l'enlever, en remettre une autre et replacer les plaques par-dessus. Tout simple : il suffit d'attendre que le travail se fasse. Donc, replongeon dans mon roman policier après quelques photos et petite promenade nécessaire après les tasses de thé. J'ai toujours bien spécifié que la patience était la vertu cardinale en Inde, ça se confirme tous les jours en ce moment ! Les poids lourds, les bus locaux, les camions citernes passent par le gué car ils sont hauts mais les voitures de tourisme attendent sagement que tout soit remis en place, question de quelques heures, pas plus !
les mouvements et les couleurs de la terre (photo Béa)

des panoramas grandioses ! (photo Béa)
Puis nous traversons des paysages superbes, avec parfois des formes et des couleurs étonnantes. Des cheminées de fées, de petits ponts où il faut tout simplement fermer les yeux puisqu'on ne conduit pas, tiendra ? tiendra pas ? ça tient...
et ron et ron petit pas à pont

Parfois il n'y a même plus de route ni même de piste et l'on s'égare sur cet immense plateau à chercher une entrée de piste.
la piste, en bon état ici...
rouler au milieu de nulle part ? c'est beau !
Un des nombreux camps de toile de Sarchu où s'arrêtent les touristes pour la nuit
(quand ils arrivent jusque là !) (photo Béa)
Nous passons à toute allure devant les différents camps installés à Sarchu, où nous aurions dû coucher cette nuit, mais nous prenons le temps de regarder les couleurs incroyables des collines, enfin montagnes... on est à 4200 m ici !
les petits restos du coin...
Le restoroute du coin... ou plutôt chaque tente est une cuisine et propose des plats chauds pour restaurer tous les touristes qui montent ou descendent. Les spaghettis aux légumes étaient très copieux, juste un peu trop épicés pour moi !
Il fait du vent, il neige presque et nous sommes à plus de 5200 m, on ne rigole plus !
Ensuite nous enchaînons les cols, avec petite photo souvenir, on n'y reviendra pas souvent à ces altitudes là ! Le Paralachal La à 4845 m, le Lachunglung La à 5080 m, le Nakee La à 4740 m, le Taglang La à 5280 m, on ne fera pas mieux... surtout qu'on n'y reste pas longtemps, il y a du vent, il neige un peu et il fait froid... Nous arriverons à Leh presqu'à la nuit à la Dordje Guest house, bien sympathique.

lundi 6 août 2012

De Manali à Keylong

Départ de Manali au petit matin à 5 heures pour essayer de passer le col du Rothang à 3978 m. La route était fermée depuis trois jours et bien sûr tout le monde s'est rué dessus pour pouvoir passer au plus vite, en particulier les camions de ravitaillement pour l'essence et les fruits et légumes.
en bas Darsha, le lieu de notre petit déjeuner, point de départ aussi de treks
pour le Zanskar et Lamayuru. Là, dans la file, nous allons attendre... des heures!
Après un arrêt pour le petit déjeuner au pied du col, nous avons pu remarquer que nous n'avions absolument aucune chance de passer dans l'heure qui suivait vue la queue impressionnante qui s'étageait déjà au-dessus de notre tête de véhicules divers ! Plus les motos car les Indiens sont maintenant friands de venir grimper les cols au-dessus de 3500 m parfois en petite chemise et en tongs !!
mieux vaut être spécialiste de motocross pour monter le col du Rohtang!
Nous montons donc vers 7 h 30 et nous nous installons dans la queue avec la certitude que nous passerons vers midi...
La boue... devant, un camion plein d'ouvriers passent pour aller déblayer.
Ils vont terminer à pied pour rejoindre l'éboulis.
Nous nous promenons pour voir un peu l'état des lieux : la route est devenue un vrai bourbier où l'on ne peut absolument pas marcher sous peine de voir nos chaussures restées collées à l'énorme couche de glaise et il faut donc se faufiler entre les voitures et marcher sur une étroite bande de terre qui longe le précipice. Une moto qui veut en faire autant passe par-dessus bord et son conducteur avec ! Panique dans tous les coins...  Il a roulé mais s'est arrêté pas trop bas et la moto a été bloquée par un énorme rocher dix mètres plus bas, une chance. Tout le monde vient à son secours, je lui mets une bonne rasade de "Rescue" sous la langue, il est un peu sonné mais ne semble pas avoir subi de gros dommages, il parle et il arrive à marcher. La moto est tractée par des cordes, et miracle rien de cassé, même pas le phare, et elle repart au troisième coup de kick ! Un vrai miracle.
la moto a été bloquée contre le rocher (agrandir) sinon c'était le grand plongeon...
Mais le type va se coucher quand même dans une benne de camion car il est plutôt pâle, même pour un Indien. On ne saura rien pour la suite mais il était avec toute une équipe de copains.

Nous allons voir ce qui bloque et nous voyons une très belle coulée d'énormes blocs, car il a plu cette nuit et toute une partie de la pente est passée sur la route. Une machine casse les blocs de pierres, une énorme pelleteuse pousse sur les côtés pour essayer de dégager au moins une piste pour le passage d'un véhicule.
et voilà l'état de la route nationale du col du Rohtang vers 9 h du matin !
 Et la queue continue de s'allonger des deux côtés du glissement de terrain. Cinq camions pleins de militaires vont arriver pour aider à déblayer au plus vite. Mais les délais de passage augmentent de plus en plus...
la queue s'allonge
certains malins "font leur beurre" ou plutôt du riz soufflé avec ketchup et chilli
pour soutenir le moral et l'estomac des touristes
Avec Béa nous décidons de passer notre temps dans la voiture, elle a faire de l'aquarelle et moi à mettre le nez dans mon roman policier que j'avais gardé en cas de coup dur pour passer le temps !
l'aquarelle de Béa, paysage vu de la voiture où nous sommes installées.
Jean-Pierre lui a continué à grimper et notre guide Padma l'a retrouvé et ils sont montés par les raccourcis doucement jusqu'au col. Heureusement j'ai encore mon téléphone qui marche et nous pouvons faire de temps en temps la liaison.
Enfin à 17 h 30 il semble que l'on peut partir, ce qui en Inde signifie que tout le monde veut le faire en même temps... Donc il faut encore passer plus d'une demie-heure à débrouiller les noeuds ! et le comble, le chef-ministre de l'état qui était parti sur Keylong ce matin en hélicoptère, redescend en voiture officielle à cause des nuages qui sont montés jusqu'au niveau de la route. Il faut donc impérativement lui laisser la place pour redescendre !
Les nuages sont là, mais on va pouvoir partir... Une voie a été déblayée.
On avance... les chauffeurs s'attendent entre eux pour voir
si tout le monde passe bien, c'est rassurant !
Nous arriverons à Keylong le premier village sur la route pour trouver un hébergement, à 23 heures !
Mais heureux d'avoir une douche chaude et un lit confortable au lieu de dormir sous la tente à 4200 m à Sarchu... que nous passerons le lendemain seulement à midi passé !
Notre acclimatation à l'altitude a bien commencé... avec granules de Coca sans modération et Doliprane quand le mal de tête se fait trop fort, mais JP se paie une belle insolation !
Manali à Leh : 470 km... nous sommes loin d'être arrivés !

dimanche 5 août 2012

Manali

Une journée ensoleillée enfin ! à Manali et nous en profitons pour visiter les environs, le temple de Vashisht et les sources d'eau chaude, le vieux temple (1553) d'Hadimba en bois, hindouiste, deux temples bouddhistes, l'un construit par les gens de Manali et l'autre, tout près, construit par les réfugiés tibétains et nous y mangeons une bonne soupe de pâtes aux légumes dans leur cantine.
Ce temple de Vashisht est connu pour ses eaux chaudes sulfureuses et nombreux sont ceux
qui viennent en profiter (bains séparés pour hommes et femmes)
Situé dans une magnifique forêt, le temple d'Hadimba, hindouiste, est célèbre.
Autour du temple d'Hadimba de nombreuses attractions, boutiques pour petits et grands.
L'attraction du coin est de se faire prendre en photo avec un lapin angora dans les bras !

L'entrée du temple construit par les réfugiés tibétains presqu'en face de celui construit
par les bouddhistes de Manali
L'intérieur du temple, foisonnant de couleurs, de banderoles, statuettes, et grand Bouddha
Dans le restaurant du temple Padma nous apprend les règles du jeu célèbre ici qui se joue
un peu comme au billard avec des pions en jouant à la pichenette : son nom le carrom board
Il y a un monde fou à Manali, des touristes à foison, beaucoup d'Israeliens dont l'Inde est une destination de prédilection, surtout les lieux où l'on peut "fumer" tranquillement et ici le chanvre pousse à profusion le long des routes !
et oui, c'est ça le chanvre, et c'est meilleur que l'ambroisie semble-t-il !
 Nous passons du temps à admirer la vie dans le vieux Manali, à discuter avec la vieille femme qui trie ses noyaux d'abricots pour les faire sécher, ensuite ils seront cassés pour faire de l'huile avec les amandes.
Les maisons du vieux Manali possèdent encore quelques beaux balcons sculptés, des étables où se trouvent de belles vaches. On s'y sent mieux que dans le Manali moderne qui commence à être dévoré par le béton et les magasins pour touristes.
Les vieilles maisons de Manali avec leur étable au rez-de-chaussée
de beaux balcons en bois sculpté comme il y en a beaucoup dans la région
le séchage des noyaux d'abricots sur les terrasses : il y a 2 sortes d'abricotiers :
pour les fruits et pour les noyaux avec lesquels on fait l'huile en cassant les noyaux
et pressant les amandes et ... jetant le fruit, indigeste !
Comme de partout le lavoir est le lieu de discussions privilégiées
et on peut même ici faire sa lessive à l'eau chaude grâce aux sources proches
la rue principale de Manali, piétonne, avec ses touristes, souvent en attente
pour monter au Ladakh
La route du col du Rohtang pour monter au Ladakh vient de se rouvrir cet après-midi et espérons qu'il ne pleuvra pas d'ici demain pour qu'on puisse monter tranquille.
Nous dormirons alors à mi-chemin à 4200 m avant de redescendre sur Leh (3500 m).
Après, impossible de savoir si nous trouverons un cyber café, de toute façon ma clé 3G ne marchera pas au Ladakh. Nous resterons trois jours pour nous accoutumer à l'altitude avant de partir faire notre trek.

samedi 4 août 2012

De Naggar à Manali

Nous passons la matinée au lit, rythmée par les allées et venues de Gillou, nous apportant cachets, boissons chaudes et réconfort !
L'après-midi nous en profitons pour aller visiter le musée de Nicolas Roerich un célèbre peintre et philosophe russe qui a passé des années à Nagar et qui a beaucoup peint les montagnes himalayennes. Il était très versé dans le bouddhisme et la spiritualité et la visite de sa maison avec de nombreuses peintures est passionnante.
La vue sur Naggar depuis la maison de N. Roeriche
dans le jardin de la maison la belle série de stèles des anciens rois de Naggar
difficile de photographier les tableaux avec le reflet des vitres
mais cela donne une petite idée
L'après-midi nous en profitons pour aller visiter le musée de Nicolas Roerich un célèbre peintre et philosophe russe qui a passé des années à Nagar et qui a beaucoup peint les montagnes himalayennes. Il était très versé dans le bouddhisme et la spiritualité et la visite de sa maison avec de nombreuses peintures est passionnante.
la belle maison coloniale de Nicolas Roerich

Le soir nous quittons notre guest-house si accueillante et si chaleureuse pour partir sur Manali où nous arriverons trois-quarts d'heure plus tard, puis nous attendrons une demi-heure ensuite pour rejoindre notre hôtel plus bas, à cause d'une route bien endommagée et d'une voiture embourbée en plein milieu...








vendredi 3 août 2012

de Delhi à Naggar

Ce 3 aout nous démarrons de la gare de New Delhi à 7 h 40 mais nous sommes sur le quai déjà à 7 h car le train se forme ici et nous prenons du temps pour nous installer dans nos fauteuils.
Nous sommes en classe "fauteuil climatisé" c'est plutôt le train des hommes d'affaires qui vont sur Chandigarh. Nous avons, compris dans le prix (environ 4 euros le billet de train pour 3 h de voyage) le journal du jour en anglais, une bouteille d'un litre d'eau minérale, le thé du matin avec thermos d'eau chaude personnel, sachets de thé, sucre, lait, biscuits mais oui, et vers 11 h le lunch avec omelette ou paté végétal, deux tranches de pain avec beurre et confiture et toujours notre thermos d'eau chaude et sachets de thé, etc). Ce serait une excellente idée de proposer ça à la SNCF et cela ferait des emplois !

Nous arrivons à Chandigarh et pas le temps de visiter la ville construite par Le Corbusier, tracée au cordeau et verte de partout car nous avons dix heures de route à faire !
Les bagages rangés dans le grand coffre et confortablement installés, nous nous arrêterons à 14 h dans un petit resto routier qui sera notre perte la nuit suivante... tourista d'enfer avec peut-être de vieilles pommes de terre resservies avec le plat de légumes ? Qui saura ?

La route est belle, parfois encaissée, longeant des rivières, de belles cascades le long des pentes.
C'est une région gorgée d'eau ! Beau barrage sur la route
la route longe une longue vallée encaissée après Mandi (photo Béa)
Grande cascade aperçue rapidement à travers les gouttes de pluie. (photo Béa)
Pentes qui parfois glissent un peu vite sur la route avec les pluies de mousson et coupent la route, mais heureusement vite dégagée.
Nous arrivons à Naggar à l'Alliance Guest House chez mon ami Gillou, sa femme Hira Devi et sa fille Eva qui tiennent cette sympathique maison qui s'étage sur quatre terrasses au-dessus de Naggar.
L'arrivée à Alliance Guest House
Vue de la 1re terrasse
Soupe de légumes excellente, poulet en sauce, tomates provençales ! nous comblent avant de trouver une jolie chambre avec une terrasse et une vue superbe !

La nuit fut mouvementée, les mouvements intestinaux rythmant nos périodes de sommeil et de réveil...

jeudi 2 août 2012

Raksha Bandhan

Ce matin nous partons aussi gaillardement que possible vue la chaleur ambiante voir une famille indienne amie. Nous sommes jeudi et la queue pour avoir un jeton pour prendre le métro est considérable !
Dans le métro côté femmes...
Bizarre à 10 heures du matin... Les femmes dans le métro sont toutes avec de beaux bijoux, leurs plus beaux atours, brodés, pailletés, et les enfants avec des robes de poupée Barbie. Pourtant ce n'est pas du tout la saison des mariages. On considère que pendant le temps de mousson, les dieux dorment et il n'est pas convenant de venir troubler leur sieste pour des cérémonies de mariage !
Donc que se passe-t-il ? et nous voyons des petits étals avec plein de fils dorés, des brillants, des fleurs, des dorures partout... mais oui, ce sont des rakhi, des petits bracelets que les soeurs offrent à leurs frères une fois par an ! Voilà pourquoi tout ce monde dans le métro et partout. Toutes les familles se déplacent, les soeurs pour voir leurs frères et réciproquement. Ce qui veut donc dire que c'est aussi la pleine lune... 
Ce lien d'affection, d'amour et de protection entre frères et soeurs se veut plus fort que n'importe quelle chaine d'acier et c'est aussi un très fort symbole social qui veut que chacun vive dans une relation de paix et d'entraide, de confiance et de coexistence harmonieuse.
Nous avons donc assisté à cette cérémonie dans notre famille indienne, la soeur présente un plateau où se trouve la poudre rouge pour mettre le point sur le 3e oeil de son frère, entre les deux sourcils, puis elle lie le bracelet autour du poignet droit et enfin elle lui présente un gâteau spongieux et sucré dans la bouche, qu'il mange. Ensuite le frère lui met la main sur la tête en signe de bénédiction et de protection et lui remet un petit cadeau, ici de l'argent.
La soeur place le point rouge entre les deux sourcils

puis elle attache le bracelet au poignet droit
puis elle lui met dans la bouche un biscuit spongieux et sucré
puis le frère bénit sa soeur
Ce peut être aussi un très bon ami qu'on considère comme son frère, ça marche pareil !
et le garçon donnede l'argent à sa soeur de coeur
(et qui ne sera jamais considéré autrement que comme une soeur)
C'est un jour de congé officiel pour permettre à chacun de se déplacer et d'aller fêter ça en famille. C'est une bonne opportunité aussi pour les filles qui veulent se débarrasser d'un soupirant en lui offrant un "rakhi" ce qui signifie qu'elle le considère comme son frère et qu'il en sera toujours ainsi ! Le garçon doit alors faire contre mauvaise fortune bon coeur et il sait maintenant à quoi s'en tenir !