mercredi 11 juillet 2012

TMB étape 4 : Les Mottets - refuge Elisabetta Soldini

Du refuge des Mottets, une longue montée nous attend avant d'atteindre le col de la Seigne. Ce matin, je prends de l'avance pour monter à mon rythme, sans me faire attendre et pour avoir le plaisir de prendre des photos avec le groupe de face et non plus toujours de dos !
Départ du refuge des Mottets vers le col de la Seigne
Je continue à grimper tranquille...
et à admirer le paysage.
Le temps est beau pour partir, un peu frais mais on va vite transpirer et longtemps... Ce Col de la Seigne est la frontière entre la France et l'Italie et est situé entre l'Aiguille des Glaciers et la montagne de la Seigne.
Il est placé sur la ligne de partage des eaux entre Méditerranée et Adriatique. Ce passage était déjà fréquenté dans l'Antiquité, une voie consulaire permettait un accès direct avec la cité de Vienne en Isère. Incroyable non ? Le col de la Seigne est un des accès au Val d'Aoste à travers le Val Veny.
La montée est loooonngue... Soudain un nuage arrive et j'ai l'impression de marcher dans l'ouate, la brume masque les formes et c'est un peu fantasmatique.
Serait-on sur une autre planète ?



Ca y est, je vais me faire rattraper par le groupe qui arrive !
Une chose est sûre, quand il n'y a pas de brouillard, on ne risque pas se perdre,
tout est bien balisé !
Le moment de magie pour moi, quand, levant les yeux, j'ai vu apparaître le Mont-Blanc.
Au col de la Seigne, petit arrêt à la table d'orientation et nous redescendons de quelques mètres pour nous réchauffer un peu et manger quelques biscuits.
Vue du Col de la Seigne
Descente du col, les névés nous attirent toujours autant pour la glisse !
mais fait que nous passons de l'autre côté du rocher et évitons la Casermetta.
Puis nous descendons en évitant, malgré nous la Casermetta du col de la Seigne à 2365 m, centre d'accueil et d'initiation à la nature de l'Espace Mont-Blanc. Il est ouvert de fin juin à mi-septembre de 9 h à 17 h 30 et visiblement les groupes organisés ne font pas comme nous et passent au bon endroit sur le sentier !
des vestiges de la guerre, de casemates se voient tout au long du chemin
près de notre lieu de pique-nique, des tapis de fleurs
les fleurs de bois joli
Même Polo va humer les gentianes !
de beaux lys martagon qu'on admire sans modération
Casse-croûte dans un lieu plein de fleurs partout, des gentianes superbes, des lys martagon, des orchis pourpres, il est difficile d'arriver à marcher sans en écraser des bouquets... On regarde aussi les gens qui montent et qui descendent le chemin, c'est une vraie autoroute ce tour du Mont-Blanc !
les fous du vélo à 2000 m, il faut pousser sur les pédales !
Tous les âges, des jeunes, des vieux, des familles, des gens qui flânent, d'autres qui courent, peut-être pour s'entraîner pour l'UTMB qui va passer par là : l'ultra-trail du Mont-Blanc, une course de dingues pour 2 300 coureurs sélectionnés qui partiront le 31 août prochain pour faire le tour du Mont-Blanc en .... deux jours ! à peu près 168 km pour environ 9 600 mètres de dénivelé positif, au départ de Chamonix, en semi-autonomie et en 46 heures maximum. Oui, il faut être fou ! Surtout que fin août il risque d'y avoir froid, neige, brouillard...
Il y a aussi les cyclistes, oui, c'est la mode de faire le tour en VTT et nous voyons de super vélos de luxe mais il faut bien avouer qu'ils ne sont pas souvent dessus...
Avant le refuge, un hélicoptère que nous avons aperçu et entendu depuis notre coin pique-nique nous intrigue. C'est la patrouille de la douane et du secours en montagne qui s'exerce à faire des exercices de sauvetage !
Entraînement pour aller chercher des blessés sur une paroi !
Nous arrivons de bonne heure au refuge Elisabetta Soldini, buongiorno a tutti ! et nous installons nos sacs dans un petit dortoir de sept. Nous décidons, et c'est là qu'on voit que nos étapes sont insuffisantes pour notre soif de paysages et de nouvelles aventures, d'aller découvrir derrière le refuge le col des Pyramides Calcaires. Rien que le nom, déjà, est tellement bizarre... Bref, encore un chemin qui grimpe raide, traversée de petits névés, on perd un peu la trace, on se perd dans les rochers et on finit par récupérer le chemin de crête en s'accrochant bien sur la pente comme des dahuts.
montée au col des Pyramides Calcaires, ce n'est plus le TMB !
A cause du vent, ne pas rester sur la crête et s'accrocher fort pour tenir debout !
 Mais là-haut, sur la crête, à 2500 m,  le vent s'est levé et il nous faut parfois nous accroupir pour ne pas se laisser déséquilibrer par des rafales à décorner les bouquetins. On grimpe comme on peut en direction du col, l'ambiance est grandiose et sauvage.
belle ambiance dans un beau cirque de montagnes
mais le vent pousse les nuages...
même si le soleil est encore là, les nuages deviennent menaçants
 Mais des nuages pas très sympathiques commencent à courir au-dessus des pics et il apparaît plus sage de redescendre juste avant d'avoir atteint le col à 2580 m... Tant pis !
presque arrivés au col, il vaut mieux renoncer
nous redescendons à grande allure grâce aux névés
ça descend, ça descend !
et l'impression enivrante qu'au bout du névé on va sauter dans la vallée !
Mais nous nous régalerons dans la descente cette fois en prenant d'immenses névés qui nous amènent quasiment à la hauteur du refuge !
nous prenons quand même le temps d'admirer le glacier d'Espelette en passant
et nous revoilà de nouveau en vue du refuge Elisabetta
Pendant que tout le monde se jette sur sa bière fraîche, je file sous la douche pendant qu'il n'y a personne et que l'eau est encore tiède, ce qui ne sera plus possible une fois les bières bues... l'eau sera aussi fraîche que la bière ! Les douches et les toilettes dans les refuges sont encore en nombre très limité, mais c'est un progrès par rapport à mes débuts en montagne où le terme douche était complètement incongru dans un refuge !

mardi 10 juillet 2012

TMB étape 3 : La Croix du Bonhomme - Les Mottets


Nous partons du refuge de la Croix du Bonhomme tranquillement en direction de la Ville des Glaciers pour rejoindre ensuite le refuge des Mottets.
Départ du refuge de la Croix du Bonhomme sous un ciel bleu superbe.
Au lieu de passer par l'itinéraire classique nous faisons une variante, plus belle, plus rapide en passant par le col des Fours à 2716 m.
Le chemin part déjà bien rude dès la sortie du refuge !
Des Mottets, direction classique sur les Chapieux
Au lieu de prendre l'itinéraire classique en descente sur Chapieux, le chemin grimpe rude derrière le refuge, il faut se mettre en jambes rapidement et je traîne ou plutôt je monte lentement, comme à mon habitude. Le paysage est superbe.
Au col des Fours, il ne fait pas chaud... arrêt juste pour la photo !
Au col des Fours, bonne surprise, une bonne partie de la descente est toute en névés et nous en profitons pour gagner du temps en descendant "en ramasse", les chaussures servant de skis.
La bonne vieille "ramasse" qui évite de descendre dans les cailloux ! (photo Rémy)
la descente du col des Fours, partie neige
et la descente partie sentier, avec plein de marmottes
800 m de descente paisible en admirant les cascades, les marmottes et puis, quelques gouttes de pluie avant d'arriver à la Ville des Glaciers, juste pour nous faire éviter de regretter d'avoir emporté nos capes de pluie.
Avant d'arriver à Ville des Glaciers, une petite radée pour sortir les capes
La Ville des Glaciers est un groupe de chalets de bergers où arrive une navette qui vient des Chapieux, évitant quelques kilomètres de goudron à tous les flemmards qui ne passent pas par le col des Fours ! Ils ne savent pas ce qu'ils perdent ! Cette navette de la Vallée des Glaciers fonctionne en juillet et août car la route, étroite, est interdite aux voitures.
Pique-nique auprès du torrent des Glaciers avant de monter doucettement au refuge des Mottets à 1870 m.

le petit pont de bois...
De grands troupeaux de vaches laitières, les pis énormes, mangent herbes et fleurs qui donneront le bon goût du Beaufort... Petites passerelles en bois pour traverser le ruisseau du Grand-Praz, ça évite de se mouiller les pieds.
En bas dans la vallée, le refuge des Mottets
Au refuge, chambres de quatre fort sympathiques que nous préférons au grand dortoir aménagé dans les anciennes écuries et douches chaudes bien appréciées. Le temps s'est remis au beau, quelques nuages sont de passage mais pas les bières qui sont de mises avec pour ma part l'apprentissage des sudokus auxquels je vais presque prendre goût !
Lecture, sudoku et lessive qui sèche au soleil revenu
La salle à manger du refuge est très sympathique avec une véritable exposition d'objets agricoles et de ferme anciens et nous cherchons parfois à quoi cela peut bien servir, comme l'espèce de petite échelle avec une grande plaque ronde en bois à l'horizontale ? C'était pour transporter les meules de Beaufort !
La salle à manger du refuge, véritable musée...
La nourriture abondante est délicieuse et nous avons même droit à du rab de soupe aux légumes et haricots.
Au lit de bonne heure, ça grimpe encore demain ! Est-ce que le ciel sera clément ?
Nuage, ô mon beau nuage, dis-moi quel sera le temps demain ?

Pour les "vrais" randonneurs on peut faire les Contamines-Les Chapieux ou refuge des Mottets direct, oui oui, et ils appellent ça, sur un site, pour ceux qui veulent regarder les petites fleurs... Savent-ils vraiment ce que c'est que le bonheur de s'arrêter pour regarder les marmottes, les bouquetins, les gentianes et les orchis vanillés ? Nous avons vu de tout sur ces chemins... mais peu de randonneurs comme nous, avec le désir de prendre son temps, de faire la sieste dans l'herbe haute, et d'admirer à l'envi tous les sommets environnants.
Polo, toujours curieux, attend de voir sortir la marmotte de son trou...
Alors, la montagne comme ça, c'est pas sympa ?



lundi 9 juillet 2012

TMB étape 2 : La Balme, La Croix du Bonhomme

Pour la deuxième étape, départ digne de retraités, après un bon petit déjeuner à 8 h au refuge de la Balme (1706 m), sous le soleil, direction le col du Bonhomme, 2329 m. Dénivelé à partir de ND de la Gorge : 1230 m.
Direction : col du Bonhomme
Nous sommes à la bonne saison des rhododendrons en fleurs !
Nous arrivons au plan des Dames à 2043 m, petit plateau avec un gros tumulus qui est sensé recouvrir les dépouilles d'une dame anglaise et de sa suivante. Nous ajoutons chacun une pierre sur le tas "pour conjurer le mauvais sort", et bien nous en a pris car ça a marché !
Le paysage est magnifique et c'est un plaisir d'admirer le fond de la vallée et le barrage de Roselend !
ça grimpe !
et ça descend (un peu) aussi !
et ça regrimpe dans la neige aussi
Puis après avoir traversé de grands névés en montée nous atteignons le col du Bonhomme à 2329 m.
montée dans de grands névés vers le col

et traversée de petits torrents fougueux...
la belle table d'orientation au sommet
la vue vers le col
Rencontre avec une belle marmotte pas sauvage et qui traverse le sentier tranquille devant moi après le passage du gros de la troupe, car je ferme toujours la marche souvent assez loin derrière... Mais elle ne m'a pas senti à cause du vent et je l'observe un bon moment.
petite marmotte curieuse, mimétisme avec les rochers environnants !
au fond le barrage de Roselend
 Nous arrivons au refuge du col de la Croix du Bonhomme à 2433 m. C'est un grand refuge très sympathique, qui peut accueillir cent personnes, à la croisée du TMB et du tour du Beaufortin. Il y a six personnes pour la saison à accueillir, faire la cuisine, avec de bons moelleux au chocolat et des tartes aux noix ! Le refuge est plein, même avant le 14 juillet, mais nous sommes dans une petite chambre pour nous sept, bien sympa.
De gros albums photos sont à disposition pour expliquer l'historique de ce refuge, qui s'est agrandi peu à peu, fonctionne avec éolienne et panneaux solaires, (merci pour les douches chaudes !) pain bio "maison", et fûts de bière Leffe montés à dos d'homme (ou d'âne si besoin). Pendant que je découvre toute l'histoire de ce refuge, le groupe qui en veut encore, va s'amuser à faire la crête en face du refuge !
le crête face au refuge se poursuit encore et encore
et permet d'avoir un magnifique panorama de l'autre côté.
La nourriture est copieuse et bonne, l'ambiance joyeuse et après le dessert, tout le personnel, avec Tristan le marin et Coco, qui sont là depuis bientôt trente ans à assurer l'accueil pendant la saison, anime une soirée fort sympathique avec guitare, chansons et trompette !
ambiance joyeuse pour randonneurs fatigués !

dimanche 8 juillet 2012

TMB étape 1 : des Contamines au refuge de la Balme

Et hop ! c'est reparti pour un tour ! du Mont Blanc cette fois, avec une partie du "Ganesh group" toujours amateurs de bière fraîche à l'arrivée, en Inde comme en France ou en Italie.
Notre-Dame de la Gorge, notre départ, avec une belle expo-photos de montagne
départ pour 6 jours, sac bien plein et moral au beau fixe.
Randonnée pédestre très bien organisée par Hélène qui nous a prévu des étapes de "retraités en vacances" absolument parfaites. Ce dimanche, nous partons donc des Contamines-Montjoie pour atteindre le "vrai" départ de notre première étape de notre tiers de tour du Mont Blanc. Le reste a été marché déjà quelques années auparavant !
Départ bien accompagné...
A Notre-Dame de la Gorge, 1210 m,  nous partons gaillardement en famille avec quelques enfants et petits-enfants en accompagnement sur un bout du sentier.
Le panneau de départ, nous sommes à 1425 m au pont romain
Cette ancienne voie romaine des Rochassets est une belle chaussée dallée qui grimpe le long des gorges encaissées du torrent.
Le pont romain
Nous en avons un petit aperçu au pont romain, avec un petit belvédère qui surplombe le torrent et d'où on peut avoir un petit vertige si on regarde trop en bas.
le torrent au fond de la gorge bien encaissée
Puis nous passons devant le chalet hôtel du Nant Borant, beau petit chalet suisse et fleuri (redondance) avec jeux pour enfants, belle halte pour une promenade familiale.
prairies aussi grasses que les vaches, bien différentes de leurs soeurs indiennes
Puis nous longeons des bois et des alpages avant d'arriver au refuge de la Balme, petites tables et parasols qui nous attendent pour... une bonne bière, bien sûr.
C'est bien de voir le chemin parcouru quand on se retourne !
Nuit en dortoir de 12, douche chaude gratuite. Visiblement, les gens qui marchent ne s'arrêtent pas ici, mais à l'étape suivante, mais ça nous va bien de prendre notre temps... et le paysage est beau sous le soleil.
Le refuge de la Balme, 1706 m et un paysage superbe, au pied des aiguilles de la Pennaz.